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Dimanche, le 5 août 2012 Pourquoi les
choses vont mal…et pourraient facilement empirer?* (auteur du livre
« Le Code
pour une éthique globale » (Liber) « Il n’y aucun
pays. Il n’y a pas de peuples. Il n’y a pas de Russes. Il
n’y a pas d’Arabes. Il n’y a pas de tiers mondes. Il
n’y a pas d’Occident. Il y a seulement un système
holistique de systèmes. Un vaste et immane empire entrelacé,
interactif, multivarié et multinational de dollars. » Tiré du film "Network" (film américain satirique, 1976) : "Main Basse sur la télévision" en version française) « Récemment,
des pays ont emprunté des milliards de dollars pour faire la guerre;
aucun pays n'a jamais emprunté pour financer l'éducation.
—En toute vraisemblance, aucun pays n'est assez riche pour se payer
à la fois la guerre et la civilisation. On doit choisir; on ne peut
avoir les deux. » Abraham Flexner (1866-1959),
personnalité américaine dans les domaines de l'éducation
et de la recherche médicale « Ceux qui faisaient partie de la génération en
âge de participer à une guerre gardent une aversion aux guerres
pour le reste de leur vie, et ne veulent pas répéter une telle
expérience tragique, ni pour eux-mêmes, ni pour leurs enfants,
et, par conséquent... une telle résistance psychologique aux
guerres persiste aussi longtemps qu'une nouvelle génération...
a le temps de grandir et de parvenir au pouvoir. Dans la même veine, le
déclenchement d'une guerre, une fois lancée, a tendance
à perdurer jusqu'à ce que la génération
élevée dans la paix et qui s'est précipité
follement dans une guerre cède la place à une
génération fatiguée des guerres. » Arnold J. Toynbee (1889-1975),
historien britannique, (A Study of History, Vol. 9, Oxford University Press,
Londres, 1954) I- Je crois que nous vivons
présentement dans un monde à demi-civilisé et je
voudrais en faire la démonstration. Nous vivons, en effet, dans une période trouble. Quand on
regarde autour de nous ce qui se passe, on a vraiment l'impression que tout
est en train de crouler. Dans un article récent, par exemple, on
disait: “l’indifférence
à l’endroit de l’éthique et du bien commun est le
saint Graal de la finance moderne.” En fait, je ne crois pas que c'est seulement dans le monde de la
finance que nous régressons moralement, mais c'est dans nombreux
autres domaines. Il y a risque, à mes yeux, que ce vingt-et-unième
siècle ressemble davantage au dix-neuvième siècle
qu'à la deuxième partie du vingtième siècle qui
procura à l'humanité des progrès considérables,
tant au plan des lois internationales, des droits individuels et collectifs
– dont celui de l'éducation pour tous – du triomphe du
mode démocratique de gouvernement sur tous les autres et d'un meilleur
partage de la richesse collective. Cependant, s'il allait continuer sur sa tendance actuelle, le
vingt-et-unième siècle en serait plutôt un où les
empires militarisés et des empires financiers imposeront leurs lois,
où des empires religieux imposeront leurs doctrines totalitaires
rétrogrades, et où un individualisme auto-centré
déchirera le tissu social fondé sur l'empathie et la
solidarité, avec une concentration accentuée de la richesse et
du pouvoir. Et, si je peux citer Lord Acton selon qui, “Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu
corrompt absolument”, cela signifiera aussi un monde plus corrompu. En effet, dans de nombreux domaines, on constate que la
priorité accordée à l'être humain, seul être
moral, faut-il le souligner, est négligée et est même
devenue secondaire par rapport à d'autres priorités qui
relèvent d'une étroite idéologie et qui sont loin
d'être morales. La conséquence est que l'intérêt
général, l'intérêt commun, est de plus en plus
sacrifié au profit d'intérêts idéologiques, au
profit d'intérêts économiques particuliers, quand ce
n'est pas au profit de systèmes qui écrasent plutôt que
de libérer les personnes. En un mot, je crois qu'en ce début du vingt-et-unième
siècle, nous sommes en pleine période de régression
morale et intellectuelle, et nous effaçons petit à petit les
progrès sociaux et économiques faits au vingtième
siècle, pour retourner à la jungle du dix-neuvième siècle,
quand des empire immoraux et sans loi contrôlaient la planète et
écrasaient les peuples. Dans certains domaines, notamment dans celui des religions, on observe
un désir de revenir à l'obscurantisme d'avant le
dix-huitième siècle, soit celui des Lumières, lequel
ouvrit les portes aux progrès humains immenses que le monde a connus
depuis. II- Je vois cinq grandes causes pour expliquer cette
régression morale, sinon ce déclin et même cette
décadence, dans la marche pour le progrès humain. Je résume: Ce que je constate, c'est - premièrement,
un mauvais modèle de développement économique ; - deuxièmement,
nos démocraties, poussées en cela par la technologie, donnent
de plus en plus le pouvoir à l'argent et à ceux qui le
contrôlent ; - En troisième
lieu, l'affaiblissement des états-nations ; - Quatrièmement,
la technologie moderne des communications, est en train de façonner un
nouvel être humain l'homo
digitalis ; - Finalement, je vois comme
cinquième grande cause du déclin actuel la prévalence
d'un vieux code moral d'origine religieuse. a - Qu'en est-il du
modèle économique actuel basé sur une mondialisation
tous azimuts, tout particulièrement sur la mondialisation
financière? En effet, depuis environ trente ans –
et je blâme certains opérateurs doctrinaires et apologistes en
partie pour cette dérive, et même certains économistes
trop doctrinaires – on a adopté un modèle de
développement économique dans lequel les peuples semblent
compter de moins en moins et l'argent de plus en plus. Le modèle
économique actuel avec des capitaux apatrides est, à mon avis,
intenable parce qu'il est source de crises en répétition
presqu'insolubles. – Donc, mauvais modèle économique à revoir
et à réformer. b -
Deuxièmement, nos modèles
politiques, dont certains datent de quelques siècles,
sont aussi désuets et contre-productifs, n'ayant peu
évolué et même ayant régressé depuis les
trente dernières années. Leurs grands défauts sont
présentement renforcés par la technologie des communications,
et ils donnent le pouvoir véritable dans nos sociétés,
non pas aux individus, mais aux forces
occultes de l'argent, dont les privilèges semblent
n'avoir aucune limite. – Donc, mauvais modèle politique, qui a besoin
d'être réformé. c -
Troisièmement, l'affaiblissement
des états-nations conjugué à l'explosion
actuelle de la population mondiale, si elle est mal gérée (et
nous devons nous préparer à avoir de huit à dix
milliards de population mondiale dans quelques décennies), risque de
précipiter le monde vers le plus petit dénominateur commun tant
au plan social qu'économique. Dans le cadre du mauvais modèle économique auquel je
réfère, ce n'est pas le libre-échange international des
biens et services qu'on a favorisé pour hausser les niveaux de vie des
populations (pour ma part j'ai toujours été un partisan du
libre-échange), mais on a plutôt choisi d'abolir, à
toutes fins pratiques, les frontières des états-nations face à
des entreprises multinationales apatrides. En certains milieux, en effet, on a confondu le libre-échange
des biens et des services en fonction des avantages comparatifs de chaque
pays avec l'idée que les avantages comparatifs des pays ne comptaient
pas et qu'un pays pouvait impunément abandonner ses avantages
industriels et technologiques sans danger pour son niveau de vie. – Cela est tout simplement faux. Les pays qui laissent aller leurs avantages comparatifs
économiques s'appauvrissent, même si certaines entreprises et
certaines banques peuvent en profiter. C'est la grande différence
entre l'intérêt commun et l'intérêt particulier.
Aujourd'hui, dans de nombreux pays, c'est l'intérêt particulier
qui domine sur l'intérêt général ou le bien
commun. On a même mis de côté l'idée d'adopter une
stratégie industrielle pour hausser la productivité, les
salaires et l'emploi, en faisant croire à tort que les marchés
– des marchés sans règles il faut le dire –
fonctionnant parfaitement et s'auto-réglementant, conduiraient au bien
commun. C'est une vue de l'esprit qui ne cadre pas avec la
réalité. Le scandale
de la manipulation du taux d'intérêt à court terme de
base qu'est le LIBOR (London
Interbank Offered Rate) par quelques grandes banques à Londres en est
une parfaite illustration. Quand on regarde autour, les pays qui s'en tirent
le mieux présentement au plan économique, comme la Chine ou le
Brésil, sont ceux-là même qui ont mis de l'avant une
stratégie industrielle active dans le cadre du libre-échange. Quand les entreprises peuvent sillonner la planète à la
recherche du plus bas coût de production, en pratique cela signifie la
recherche des plus bas salaires et des plus bas taux d'imposition et de
réglementation. En 2011, aux
États-Unis par exemple, toutes les entreprises combinées,
locales comme internationales, ont payé 11 pourcent en taxes
fédérales et en taxes des états sur leurs profits,
tandis que le vingt pourcent des contribuables Américains les plus
pauvres contribuèrent 17 pourcent en impôts sur leurs revenus. Dans le système
actuel, le fardeau fiscal se déplace de plus en plus des entreprises
et des détenteurs de capitaux vers les contribuables individuels,
souvent les plus pauvres. Une récente
étude dévoilait que les super-riches de ce monde
payaient très peu d'impôts, en recourant à des paradis
fiscaux pour y parquer de quelques $ 21 000 à
$ 32 000 milliards de capitaux à l'abri de l'impôt.
Nous pouvons dire la même chose des grandes sociétés
multinationales. Celles-ci recourent à des
échafaudages financiers de manière à mettre ces profits
à l'abri de l'impôt, aussi longtemps que de tels profits ne sont
point rapatriés dans leur pays d'origine. Cela m'amène à dire, par exemple, dans le cas des
États-Unis, que ce pays ne fait pas face à un problème
de déficit. Il a plutôt un problème de collection des
impôts, et ceci est dû au fait qu'il a un problème de
corruption politique. Il ne fait pas de doute que la globalisation et la corruption
politique ont eu pour conséquence de déplacer le fardeau fiscal
des compagnies vers les individus en général, et vers les plus
pauvres en particulier, et cela d'une façon fort régressive. Et, quand une immigration à peine contrôlée et mal
ciblée vient bouleverser l'équilibre démographique,
social et économique dans les pays à hauts niveaux de vie, le
résultat est magnifié. On fait face alors à un
véritable désarmement économique des états,
lequel se traduit par des déficits budgétaires structurels qui
explosent et un endettement public de plus en plus incontrôlé,
comme on l'observe présentement en Europe et aux États-Unis,
les deux régions où la stagnation économique semble
s'être installée à demeure et où la civilisation
occidentale est le plus menacée et même en péril. Ce modèle économique globalisé à outrance
– lequel est en fait un retour à celui qui prévalait au
dix-neuvième siècle quand l'étalon-or dominait –
ce modèle, dis-je, est
générateur de grandes inégalités
économiques et sociales dans nombre de pays. En fait, c'est un
modèle qui est fondamentalement hostile à la classe moyenne,
soit au plus grand nombre, et qui concentre la richesse et le pouvoir dans
une infime partie de la population (le fameux 1% !) et qui est source de
stagnation des revenus pour le plus grand nombre. Les études démontrent, en effet, que la mobilité
sociale intergénérationnelle et l'égalité des chances
dans les pays industrialisés de l'Amérique et de l'Europe
chutent quand les inégalités économiques et sociales
croissent, comme c'est le cas présentement. En bout de ligne, cela représente une perte de
démocratie, car il ne peut y avoir de démocratie
véritable dans un pays quand la classe moyenne est atrophiée ou
inexistante et quand il existe un régime d'inégalités
systémiques. Par conséquent, j'en déduis que la globalisation tous
azimuts qui est présentement imposée aux pays est un
échec. C'est un mauvais modèle économique parce qu'il
transfère le pouvoir réel dans nos sociétés des
élus vers les grandes entreprises et vers les détenteurs de
capitaux qui, eux, s'en servent pour corrompre le système politique et
pour générer des crises financières comme celle que le
monde vit depuis 2008. Vous me permettrez de citer l'économiste français
Frédéric Bastiat (1801-1850) pour qui « Quand le pillage devient un moyen
d'existence pour un groupe d'hommes qui vit au sein de la
société, ce groupe finit par créer pour lui-même
un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le
glorifie. » Il n'y a pas meilleur exemple vécu de cette sage maxime que
celui des États-Unis où une Cour Suprême plus ou moins
corrompue décréta il y a deux ans (le 19 janvier 2010) que les
corporations financières et industrielles n'étaient pas des
entités légales dotées de privilèges mais, en
fait étaient des êtres humains à part entière avec
des droits même supérieurs à ceux des êtres
humains, et que de telles entités artificielles pouvaient consacrer
des sommes illimitées de capitaux, en réalité des
milliards de dollars anonymes et incontrôlés, pour influencer
les élections américaines à tous les niveaux. [Voir mon
article sur le site The New American
Empire] Le droit de vote de chaque américain s'en est soudainement
trouvé fortement dévalué, avec la conséquence que
le pouvoir politique aux États-Unis ne vient pas « ...du peuple, par le peuple et pour le
peuple, » selon la formule consacrée par le
président Abraham Lincoln en 1863 (discours de Gettysburg), mais a
été de facto
transféré aux grandes entreprises et aux détenteurs de
capitaux. Rappelons que c'est cette même Cour Suprême
américaine qui plaça George W. Bush au pouvoir, même si
ce dernier reçut un demi-million de votes de moins que le candidat
démocrate Al Gore lors des élections présidentielles de
l'an 2000, avec les conséquences désastreuses que l'on
connaît. Ici même au Canada, nous sommes prisonniers du vieux
modèle électoral britannique uninominal à un tour. Cela
signifie que lorsque les citoyens donnent leurs appuis à une
demi-douzaine de partis politiques, un parti en particulier peut s'emparer du
pouvoir et gouverner de façon majoritaire avec moins de quarante
pourcent des suffrages. Cela donne le gouvernement majoritaire conservateur
actuel de Stephen Harper qui obtint trente-neuf pourcent d'appuis lors des
élections du 2 mai 2011, après avoir utilisé des moyens
qu'on peut décrire comme malhonnêtes, mais celui-ci gouverne
depuis comme s'il avait obtenu cent pourcent des votes. En fait, les sondages
ne lui accordent présentement guère plus que le tiers des
appuis populaires. Néanmoins, le 1er juillet dernier, il
est même allé aussi loin que de faire jouer le « God
Save the Queen » avant l'hymne national canadien, lors de
célébrations officielles, insultant de ce fait une grande
majorité de Québécois et probablement une majorité
de Canadiens. Malgré les lacunes criantes d'un tel système
électoral au plan démocratique, les politiciens canadiens
semblent s'y complaire et aucune réforme en profondeur n'est en vue.
Un système électoral à double tour comme en France
serait logique, mais nos politiciens font semblant d'ignorer le problème.
Par conséquent, je dis que la démocratie se porte mal au
Canada. En fait, elle se porte mal un peu partout et est peut-être en
voie de devenir un anachronisme et appelée à être
remplacé par des oligarchies et des ploutocraties. J'ajoute que la montée des empires militarisés et le
déclin dans le respect des lois internationales que l'on constate
depuis quelque temps ouvrent toute grande la porte à un retour des
guerres impériales ou d'hégémonie. L'historien britannique Arnold J. Toynbee (1889-1975) a cru
identifié un cycle d'environ 100 ans dans les guerres
impériales au cours des cinq derniers siècles (voir
« A Study of History »), souvent celles-ci se
produisant au début de chaque siècle. Depuis la guerre du Kosovo de 1999, laquelle eu lieu sans
l'autorisation des Nations Unies et avec le seul soutien légal douteux
de l'OTAN, une guerre impériale en dehors du cadre légal actuel
est certes possible. En fait, je me hasarderai à dire que si le candidat
républicain Mitt
Romney est élu à la présidence
américaine en novembre prochain, ses promesses de guerre contre l'Iran
et sa vacuité face à Israël pourraient assez facilement
conduire à une guerre mondiale, impliquant non seulement les
États-Unis et l'Iran, mais aussi l'Europe, la Russie et la Chine.
(Rappelez-vous qu'il n'a fallu que d'un seul coup de revolver pour
déclencher la 1ière Guerre mondiale en 1914, une
fois que les conditions requises étaient satisfaites!). – En effet, si les États-Unis ont comme président
un mormon dévot et sans pitié, tout sera en place pour une
guerre mettant en cause les trois religions abrahamiques que sont le
christianisme, l'islam et le judaïsme. Ce n'est pas une
prédiction de ma part; tout ce que je crains, c'est que cela se
produise. Guerres impériales ou
d'hégémonie 1494-1516: Guerre mondiale (France) 1580-1609: Guerre mondiale (Espagne) 1688-1714: Guerre mondiale (France) 1792-1815: Guerre mondiale (France) 1914-1945: Guerre mondiale (Allemagne) 1999-2015(?):Guerre mondiale (!) (États-Unis) d - Comme
quatrième raison du dépérissement actuel, j'y vois une
cause plus technologique, c'est-à-dire l'apparition chez les jeunes
générations d'un homo
digitalis, bien branché certes par la technologie, mais une technologie
qui isole et qui peut à la longue déshumaniser l'individu en le
confinant à un espace virtuel dans lequel la chaleur humaine et les
interactions humaines sont grandement réduites. C'est un être
bien branché digitalement et inondé d'informations – et
aussi de propagande – mais qui est en même temps, paradoxalement,
davantage isolé, plus atomisé, plus
homogénéisé, plus individualiste, plus
compétitif, moins coopératif, plus égoïste, plus
narcissique et fondamentalement plus conservateur à bien des
égards. Des études et des tests faits aux États-Unis montrent
que les étudiants américains dans les collèges
aujourd’hui font montre d'environ 40 pourcent de moins d'empathie
envers les autres que les étudiants d'il y a 20 ou 30 ans.1
Autrement dit, la conscience sociale des leaders de demain est en baisse.
Cela augure mal pour l'avenir. Je pose la question: Est-ce que la technologie – qui progresse
plus rapidement que le sens moral – est en train de faire des
êtres humains des sociopathes2, c'est-à-dire des
êtres qui ont très peu de compassion pour leurs semblables? On sait déjà, à l'expérience, que des
psychopathes4 – c'est-à-dire des personnes qui n'ont
aucun remords pour leurs crimes, aucune empathie ou sympathie pour les autres
– peuvent à l'occasion se hisser jusqu'aux sphères les
plus hautes du pouvoir politique. Ce sont en effet des personnes qui ont une
structure mentale différente dans les tests de MRI. Ils représentent
environ un pourcent dans une population.4 Si la population future devient elle-même antisociale, ce n'est
pas seulement une régression morale qui nous attend, mais c'est une
régression sociale et économique d'envergure qui nous guette. Un autre exemple où la technologie évolue plus
rapidement que le sens moral est le recours à des avions sans pilote,
des “drones” qui sont commandés à de très
grandes distances (en fait les centres de contrôle sont aux
États-Unis), et qui larguent leur chargement de bombes sur des
attroupements humains dans des zones considérées
“ennemies” à l’autre bout de la planète. Pour son grand malheur, le Président démocrate actuel,
Barack Obama, (récipiendaire d'un Prix Nobel pour la paix!), a permis
une explosion de ces bombardements à distance, surtout au Pakistan,
mais aussi dans d'autres parties du globe. – Il faut donc se préparer: La guerre future va devenir,
de plus en plus, une dérivée des jeux vidéo. e - J'en viens
à la cinquième cause, à mon avis, du déclin et de
la décadence actuelle, et cette cause est spécifiquement
morale. Elle est bien sûr reliée aux quatre premières
causes. Nous vivons, en effet, sous l'influence d'un mauvais code moral
d'origine religieuse qui est davantage fondé, malheureusement, sur le
sectarisme et les conflits plutôt que sur l'empathie et l'ouverture aux
autres. Ce code établit d'office des divisions de droits entre les
êtres humains et justifie et même encourage les conflits entre
les êtres humains en proposant des dogmatismes intransigeants. On ne peut qu'être préoccupé, en effet, sinon
horrifié, par la montée en puissance de l'obscurantisme, du
sentiment anti-scientifique, du créationnisme et de la
religiosité en général dans certains pays puissants, tel
chez notre voisin les États-Unis. La montée du sentiment
impérialiste et militariste dans ce dernier pays devrait être
une grande préoccupation pour le monde entier. III- Conclusion Comment aborder tous ces problèmes? J'ai une conclusion générale et quelques conclusions
plus spécifiques. Ma conclusion la plus générale est à l'effet que
le monde a besoin présentement d'une véritable
révolution morale. Je ne me fais pas d'illusions : pour que ce
genre de changement en profondeur se produise, il est peut-être
nécessaire que les choses s'enveniment à un tel point que cela
devienne inévitable. Mes conclusions particulières sont plus pratiques. En ce qui concerne l'économie et la politique, par exemple, les
remèdes sont assez évidents ; il s'agit d'arrêter de
creuser et d'entreprendre les réformes nécessaires. En premier lieu, il faut cesser d'orienter l'ensemble de
l'économie dans le sens de l'intérêt particulier des
banquiers et des spéculateurs. Le problème, c'est que ces gros
intérêts achètent les politiciens et contrôlent les
médias de sorte que rien ne se fait, sinon que les choses empirent.
Par conséquent, en deuxième lieu, il faut absolument redonner
le pouvoir à la population et réduire sinon éliminer
l’influence de l’argent en politique. Autrement dit, il faut
faire exactement le contraire de ce que la Cour Suprême
américaine souhaite faire. Il en va de même de notre système politique
archaïque. À tout le moins devrait-on copier le modèle
politique français à double tour, afin d'éviter que des
aventuriers politiques n'accèdent à un pouvoir quasi absolu
avec une minorité d'appuis populaires. En ce qui concerne le caractère moral des personnes, et comme
les études démontrent qu'il n'y a que vingt pourcent des gens
qui sont spontanément empathiques, il serait sage que nous suivions le
conseil du philosophe chinois Hsün Tzu (c.310—c.220 AD) qui
observa il y a fort longtemps que "les
hommes sont portés vers le mal ; et qu'il faut un entrainement
pour être bon." L'enseignement des règles morales de vie en
société m'apparait être une nécessité incontournable.
– À ce titre, je ne crois pas que c'est le programme
«Éthique et culture religieuse» mis en place au
Québec il y a quelques années qui remplit la commande. Nous
aurions besoin d'un cours pour les élèves et les
étudiants qui soit mieux ciblé et plus étoffé. En ce qui concerne le climat de guerre permanent dans lequel nous
vivons présentement, je souhaite tout simplement que le cycle de cent
ans des guerres mondiales hégémoniques, identifié par
Toynbee et d'autres, ne s'appliquera pas à notre siècle et que
les psychopathes enragés ne réussiront pas. Sinon, le
désastre qui frapperait l'humanité serait sans pareil. J'en conclus finalement qu'en ce qui regarde la civilisation, nous
sommes encore des primitifs. L'humanité a beaucoup de chemin à
faire, Nous en sommes encore aux balbutiements d'une véritable
civilisation. 1. Voir la recherche de Sara Konrath, une spécialiste de
l'Université du Michigan (Institute for Social Research), basée
sur 72 différentes études des étudiants des
collèges américains effectuées entre 1979 et 2009. 2. La sociopathie est
considérée comme un trouble de la personnalité dont le
critère principal d'identification est la capacité
limitée, pour les personnes montrant les symptômes du trouble,
à ressentir les émotions humaines, aussi bien à
l'égard d'autrui qu'à leur propre égard. C'est ce qui
peut expliquer leur manque d'empathie
quand ils sont confrontés à la souffrance des autres,
témoignant d'une incapacité à ressentir l'émotion
associée à l'empathie ou la souffrance. (Voir, Le trouble de
la personnalité antisociale sur
www.Maladiesmentales.org, 26
février 2009). 3. La psychopathie est un trouble de
la personnalité caractérisé par un manque d'empathie et de remords, des
émotions peu profondes, de l'égocentrisme et de l'imposture.
Les psychopathes (patients atteints de psychopathie) adoptent un comportement
antisocial, des traitements abusifs envers les autres, et agissent violemment
dans certaines situations. Bien qu'ils manquent d'empathie et
d'émotions, ces individus réussissent à mentir sur ce
qu'ils ressentent et sur ce qu'ils vivent. (Voir : Psychopathie , aussi : Serial
Killers and Politicians Share Traits ) 4. Voir le livre “Snakes in
Suits: When Psychopaths Go to Work” de Robert Hare et Paul Babiak,
2007. Selon le Dr. Hare, la plus grande concentration de personalités
psychopatiques se retrouve en politique et dans le monde des affaires. Voir
aussi “Without Conscience: The
Disturbing World of the Psychopaths Among Us” de Robert D. Hare,
1999. * Tiré d'une conférence prononcée par l'auteur
lors du Congrès de l'International Humanist and Ethical Union (IHEU),
Montréal (Québec), le 4 août 2012. Rodrigue
Tremblay est professeur émérite à l'Université de
Montréal. On peut le rejoindre à l'adresse suivante: *****On peut lire ici une
description du livre : « Le code pour une
éthique globale » Pour la version
en langue anglaise [ISBN: 978-1616 14 17 21], voir : On peut se
procurer la version en langue française dans toutes les librairies en
Amérique du nord et en Europe [ISBN: 978-2895781738]. L'adresse du
livre sur Amazon
Canada L'adresse du
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France Pour la version
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