N. B: Lisez
des extraits en français ou en anglais du prochain livre du professeur
Rodrigue Tremblay :
Le code pour une éthique
globale
www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com/
The Code for Global Ethics
Décadence,
gaspillage et corruption dans le nouvel empire étasunien
par Rodrigue Tremblay, le 13 mars 2007
«
Un empire est toujours coercitif et autocratique : Il est comme un
couvercle qui recouvre un chaudron en ébullition. À un certain
point, la pression interne est trop forte, le couvercle est
éjecté par l’air comprimé et il y a une sorte
d’éruption volcanique. » (Umberto Eco,
médiévaliste italien)
«
Un empire est un despotisme, et un empereur est un despote limité par
aucune loi ou restriction excepté sa propre volonté ;
c’est une propagation de la tyrannie au-delà de la monarchie
absolue.
» (John Adams (1735-1826), 2e président des États-Unis)
«
La détérioration de tout état commence par le
déclin des principes sur lesquels il a été fondé. » (Montesquieu
(1689-1755), Charles Louis de Secondat, baron de Montesquieu)
Un signe certain de la
décadence dans un empire est lorsque l’argent durement
gagné semble perdre toute signification et qu’il est
gaspillé à gauche et à droite. Il y a des exemples qui
indiquent que c’est ce qui se produit aux États-Unis
aujourd’hui. Il y a une danse des milliards qui défie
l’imagination et que personne ne semble comprendre. Premier
exemple :
En 2006,
le banque d’investissement et firme de gestion en valeurs
mobilières - la Goldman Sachs - a versé un énorme 16,5
milliards de dollars en prime de fin d’année à ses cadres
et à ses employés. Ce type d’argent liquide, s’il
devait être transporté dans des boîtes en billets de 100
dollars requerrait environ cinquante camions de 10 tonnes.
C’est
sorti comme un cadeau de Noël de 625 000 dollars pour chaque homme et
femme de cette organisation, dont la production principale est de remuer des
papiers. L’année dernière, cette même firme a
payé à ses deux co-présidents 54 millions de dollars
chacun en salaire, primes et avantages. Pensez-vous qu’il y a un lien
entre les bénéfices privés exorbitants et le pouvoir
politique ? Et bien, vous pourriez vous demander pourquoi Bush a
nommé un ancien Président-directeur général de la
Goldman Sachs à titre de Secrétaire du Trésor et pourquoi
il a choisi un avocat de la Goldman Sachs en tant que chef de son personnel.
FAIRE
LA GUERRE COÛTE CHER
Un
deuxième exemple où l’argent coule à flot est le
Pentagone. Le budget militaire du gouvernement des États-Unis pour 2007
totalise le montant énorme de 623 milliards de dollars. C’est plus
de 2 000 dollars pour chaque homme, femme et enfant des États-Unis. Tel
que le Rapport de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre 2001
l’a indiqué, « le ministère de la Défense
est le Béhémoth (1)... avec un budget annuel plus important que
le produit intérieur brut de la Russie, il est un empire. »
Le
vrai Nouvel Empire Étasunien est le ministère de la
Défense des États-Unis. Son budget annuel représente plus
de 50 pour cent des dépenses militaires de tous les 191 autres pays du
monde réunis ensemble. C’est un empire qui déploie ses tentacules
dans 135 pays, avec des troupes dans chacun d’eux, et qui a
déployé le nombre incroyable de 737 bases militaires dans ces
terres étrangères. C’est vraiment un empire hors de
contrôle qui est devenu une menace croissante pour le monde.
L’obtention
des contrats de la défense est une voie sûre qui mène à
la richesse rapide. Par exemple, un rapport du Vérificateur
Général Spécial pour la reconstruction de l’Irak a
conclu que la proportion la plus élevée des frais
généraux a été encourue dans des contrats de
matériel de production de pétrole remportés par la
société KBR, une filiale de la société Halliburton
dont le Vice-président Dick Cheney était auparavant un dirigeant.
Quant aux liens entre les contrats de la défense et le pouvoir
politique, vous pourriez vous demander pourquoi Bush a nommé le
président d’un important marchand d’armes au poste de
Sous-secrétaire de la Marine.
Avec
autant d’argent qui circule tout autour, ce n’est pas
étonnant qu’un comité du Congrès, le Comité
des Réformes Gouvernementales et de Surveillance, ait récemment
découvert qu’environ 36 camions chargés de 10 tonnes de
billets de 100 dollars nouvellement imprimés sont disparus en Irak (363
tonnes d’argent comptant à une valeur de quelque 12 000 millions
de dollars au dernier compte) de manière inexpliquée. Ils sont
dans les poches de quelqu’un, mais le Congrès ne sait toujours pas
dans quelles poches et il demeure incapable de suivre le labyrinthe des
méandres de fraude, de gaspillage, d’abus et de corruption qui se
produit dans la guerre de l’Irak.
Il
est raisonnable de penser qu’une partie de cet argent comptant a servi
à acheter, le 15 décembre 2005, les fameuses élections
irakiennes présentées par le régime Bush-Cheney comme un
modèle de démocratie pour le Moyen-Orient. Si les inexplicables
12 milliards de dollars avaient été répartis
également entre les 12 millions d’électeurs irakiens
éligibles, chacun d’eux, dans ce pays appauvri, aurait reçu
1 000 dollars en billets de 100 dollars fraîchement imprimés. Nous
devons nous rappeler que l’élection du 15 décembre 2005 a
remis au pouvoir, jusqu’en 2009, une coalition de partis
théocratiques et fondamentalistes fanatiques Chiites soutenues par
l’Iran, et dirigé par le Conseil suprême pour la
Révolution Islamique en Irak.
Bien
entendu, le premier et le plus important coût de la guerre en Irak est le
coût humain et la destruction du pays par d’immoraux envahisseurs
étrangers. Mais la corruption avec l’argent arrive en
deuxième.
En
temps de paix, la corruption est une menace constante dans une
démocratie. En temps de guerre, si aucune mesure spéciale
n’est prise, elle devient endémique.
Et
sous le régime Bush-Cheney, aucune telle mesure n’a
été prise pour éviter la corruption. Au contraire, il
s’avérerait qu’une telle corruption était la
bienvenue, probablement par connaissance ou par espoir qu’une partie de
l’argent circulant tout autour trouverait son chemin dans le
système politique.
C’est
pourquoi la corruption par l’argent constitue une menace mortelle
à la démocratie américaine. Benjamin Franklin (1706-1790),
d’abord, a craint que la Constitution des États-Unis, à la
longue « échouerait... en raison de la corruption des gens,
dans un sens général. » Pour sa part, le
Président Abraham Lincoln (1809-1865) a pensé que la corruption
dans les hauts postes de directions conduise à ce que « toute
la richesse soit concentrée entre quelques mains et la République
soit détruite. »
La
question qui demeure à répondre est si la démocratie
étasunienne peut être sauvée de la corruption interne, ou
s’il est déjà trop tard. En effet, les États-Unis
sont-ils tombés dans un abîme de corruption tellement profond
qu’ils ne peuvent plus en ressortir ?
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Rodrigue Tremblay vit
à Montréal, Canada. Vous pouvez le joindre à cette adresse
rodrigue.tremblay@yahoo.com
Visitez son blogue à l'adresse ci-jointe:www.thenewamericanempire.com/blog.
Site de l'auteur:www.thenewamericanempire.com/
Lisez des extraits
en anglais et en français du prochain livre du professeur Tremblay
"The Code for Global Ethics" ou "Le code pour une éthique
globale" à l'adresse suivante: www.TheCodeForGlobalEthics.com
ou
bien:
www.MoralityWithoutReligion.com_________________________________
Traduction par Dany
Quirion pour Alter Info:
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(1) Note du
traducteur : Béhémoth : Animal biblique
mystérieux dont parle le livre de Job (XL, 10). Il serait le symbole du
démon et du mal.
Source : http://www.alterinfo.net
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