N. B: Lisez
des extraits en français ou en anglais du prochain livre du professeur
Rodrigue Tremblay :
Le code pour une éthique
globale
www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com/
The Code for Global Ethics
Une Guerre Politique contre les Américains et leurs Institutions
par Rodrigue Tremblay, le vendredi 2 Mars 2007
Deuxième
malheur : « La perte de la démocratie et des droits
constitutionnels tout comme la présidence éclipse le
Congrès qui est lui-même transformée en une « branche
exécutive » égale du gouvernement [engagé] dans une
junte militaire. »
Chalmers
Johnson (Sorrows of Empire)
«
Maintenant, ceux qui recherchent la puissance absolue, quoiqu'ils la
recherchent pour faire ce qu'ils considèrent comme bon, veulent
simplement le droit d'imposer leur propre version du ciel sur la terre, et me
laissent vous rappeler qu'ils sont très certainement de ceux qui ont
toujours créé la tyrannie la plus atroce. »
Barry
Goldwater, ancien Sénateur Républicain de l'Arizona
«
Les rois ont toujours été engagés et ont toujours appauvri
leur peuple dans des guerres, prétendant généralement,
sinon toujours, que le bien du peuple en était l'objet. Ceci, notre
convention (US) sous-entend d'être plus oppressif que toutes les
oppressions royales; et ils ont résolu d'enchâsser dans la
Constitution qu'un seul homme ne doit pas posséder le pouvoir d'apporter
cette oppression sur nous. »
Abraham
Lincoln (1809-1865), 16ème président des États-Unis
«
Il n'y a aucun roi héréditaire en Amérique. »
Juge Anna Diggs Taylor
La guerre en Irak se transforme en guerre contre
les Américains et leurs institutions. Selon le dernier scrutin, une
majorité écrasante d'Américains (63 %) souhaite que les troupes US soient
sorties d'Irak avant la fin de la prochaine année. C'est le message
clair que l'électorat américain envoie au Président George
W. Bush. Le 16 février 2007, 56 pourcent des membres de la Chambre des
Représentants des États-Unis ont essentiellement dit la
même chose quand ils ont adopté la résolution 63, par un
vote de 246 contre 182, dans laquelle ils ont déclaré que «
… le Congrès désapprouve la décision du
Président George W. Bush annoncée le 10 janvier 2007, de
déployer plus de 20 000 troupes US additionnelles de combat en Irak.
» Et pour compléter le tout, 56 pourcent des Sénateurs des
États-Unis ont signifié leur opposition à la guerre le 17
février 2007. Ces signaux démocratiques clairs des voeux des gens
sont survenus après les élections du 7 novembre 2006, où
les candidats Républicains pro-guerre ont pris une raclée. Ils
sont également survenus après qu'un groupe d'études, la
Commission Baker-Hamilton, ait conclu à l'unanimité que la
solution en Irak est politique et non militaires, et qu'elle ait
recommandé à l'unanimité que les États-Unis mettent
fin à leur présence continue en Irak et qu'ils entreprennent leur
désengagement et le « redéploiement » de ce pays.
Vous
penseriez que les politiciens qui respectent la démocratie et le droit
du peuple à se gouverner lui-même prêteraient attention et
écouteraient ce que l'électorat souverain dit. - Mais en vain. Le
régime Bush-Cheney, initialement placé au pouvoir par un juge de
la Cour Suprême en 2000, alors que le candidat présidentiel Al
Gore avait gagné la vote populaire, s'est dirigé dans une autre
voie et a ordonné un déploiement militaire dans le Golfe Persique
et à l'encontre de l'avis des généraux sur le terrain, a
ordonné un accroissement de troupes militaires en Irak.
C'est
un spectacle étrange dans une démocratie quand l'influence de
quelques personnes trompe la volonté de la majorité. Le
régime Bush-Cheney semble être enclins à suivre le conseil
rigide des puissants lobbys plutôt que d'écouter ce que
l'électorat et les fonctionnaires élus disent. À
Washington, sous George W. Bush et Dick Cheney, l'Institut Américain des
Entreprises a plus d'influence que le Congrès des États-Unis. Le
14 janvier 2007, le Président des États-Unis, George W. Bush, a
exposé sa conception personnelle de la démocratie quand il a dit
: « … ils [le Congrès] pourraient essayer de m'arrêter
de la faire. Mais j'ai pris ma décision. Et nous allons droit devant.
» - Et deux semaines plus tard, le 25 janvier 2007, l'homme issue des
milieux pétroliers Dick Cheney a renforcé ce point de vue cynique
en disant, après qu'un Comité du Sénat ait adopté
une résolution en opposition au plan de Bush pour une escalade militaire
en Irak : « Cela ne nous arrêtera pas »… « Nous
avançons. » … « Nous avons besoin que le travail fait.
» Et Cheney a ajouté d'un air provoquant que ce sont des «
foutaises de dire que la crédibilité de Bush est en jeu en Irak.
»
Il
importe peu que le tandem Bush-Cheney ait fait des erreurs de jugement colossales,
car ils ont l'impression d'avoir le pouvoir absolu entre leurs mains et ils
prévoient l'utiliser pour quelques projets qu'ils ont à l'esprit,
sans égard au public américain, sans égard aux élus
du Congrès et sans égard à l'opinion mondiale. En effet,
ce régime a ressuscité la vieille et infâme philosophie de
Président Richard Nixon « de la suprématie exécutive
» et est même allé plus loin en adoptant la théorie
anti-démocratique « d'une présidence impériale.
» Selon cette théorie dangereuse, il n'y a aucune limite aux
pouvoirs présidentiels en temps de guerre, même lorsque aucune
guerre n'a été déclarée par le Congrès. Dans
de telles circonstances et de son propre chef, un président pourrait alors
cesser de reconnaître l'autorité des élus du Congrès
et refuser de reconnaître les Tribunaux en tant qu'arbitres de
dernière instance sur les questions de droits constitutionnels, chaque
fois qu'il considère ce rôle en opposition avec sa vision de la
sécurité nationale.
Naturellement,
une telle concentration de pouvoir est la preuve qu'il s'agit d'une dictature
et représente une attaque directe à la Constitution des
États-Unis, avec ses Contrôles et ses Équilibres et la
Règle de la Loi en son centre qui sont des dispositions qui ont
été précisément conçues pour éviter
les pièges d'une dictature. Peut-être que les gens auraient du
porter plus d'attention quand George W. Bush a plaisanté à haute
voix « Si c'étais une dictature, ça devrais être pas
mal plus facile, en autant que je sois le dictateur. » (18 décembre
2000), ou quand il a proclamé que « je suis le décideur, et
je décide de ce qui est le meilleur. » (14 avril 2006)
Comme président et père de la Constitution des États-Unis, James Madison (1751-1836) a dit : « Il y a plus d'exemples de limitation de la liberté du peuple par des empiétements progressifs et silencieux par ceux au pouvoir que par des usurpations violentes et soudaines. » En fait, la plupart des experts constitutionnels croient que les prétentions de Bush à une présidence impériale est à première vue inconstitutionnelle et n'est pas soutenue par quoi que ce soit dans la Constitution des États-Unis. En particulier, on a précisé que l'administration Bush-Cheney ne peut pas considérer la résolution sur l'Irak du 2 octobre 2002 comme un chèque en blanc pour revendiquer des pouvoirs absolus, puisque cette résolution évoque explicitement la section 2 (b) de la Loi sur les Pouvoirs de Guerre (1976, War Powers Act), qui oblige le Président des États-Unis à obtenir l'approbation du Congrès avant n'importe quel déploiement de troupe à l'étranger.
Par
conséquent, il reste à voir si le régime Bush-Cheney
pourra défier les Américains, le Congrès et les Tribunaux
pendant deux autres années, sans autre considération face au
droit international et à l'opinion publique mondiale.
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Rodrigue Tremblay est
professeur émérite en économie à
l'Université de Montréal.
Il vit à
Montréal, Canada. Vous pouvez le joindre à cette adresse rodrigue.tremblay@yahoo.com
Visitez son blogue à l'adresse ci-jointe: www.thenewamericanempire.com/blog.
Site de l'auteur: www.thenewamericanempire.com/
Lisez des extraits
en anglais et en français du prochain livre du professeur Tremblay
"The Code for Global Ethics" ou "Le code pour une éthique
globale" à l'adresse suivante: www.TheCodeForGlobalEthics.com
ou bien:
www.MoralityWithoutReligion.com_________________________
Traduction par Dany Quirion pour Alter Info.
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