N. B: Lisez des extraits en français ou en anglais du prochain livre du professeur Rodrigue Tremblay :

Le code pour une éthique globale

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The Code for Global Ethics

www.TheCodeForGlobalEthics.com/

 

 

La malédiction de l'Islam radical comme religion politique

par Rodrigue Tremblay, le 11 septembre 2006

 

« Les musulmans doivent éduquer leurs enfants au Jihad. C'est le plus grand avantage de la situation : instruire les enfants au Jihad et à la haine des juifs, des chrétiens, et des infidèles ; éduquer les enfants au Jihad et à  la renaissance des braises du Jihad dans leurs âmes. C'est ce qui est nécessaire maintenant »

Cheikh Mohamed Saleh Al Munajjid, un imam d'Arabie Saoudite 

 

« L'Islam fait qu'il incombe à  tout mâle adulte, s'il n'est pas handicapé ou frappé d'incapacité, de se préparer pour la conquête [d'autres] pays de sorte que chaque pays du monde obéisse à la loi de l'Islam. »

Ayatollah Khomeni (1902-1989), chef religieux de l'Iran 

 

« Le chef  qui a besoin de la religion pour gouverner son peuple est faible. Nous devons nous débarrasser de la superstition. Quiconque est libre de croire à n'importe quoi, mais nous avons besoin de la liberté de pensée. »

Atatûrk (1881-1938), fondateur de la Turquie moderne.

 

 

Quelques lecteurs m'ont dit que je n'écrivais pas assez sur le côté politique de l'Islam, particulièrement quand il se rapporte au mélange de religion et de politique et à l'élément de frange de l'Islam radical qui est le support du terrorisme international. En fait, j'ai écrit énormément sur la question, mais en français (voir mon livre de 2001 « L'Heure juste »). Alors, voici, ma position à  ce sujet.

 

Toutes les religions prosélytes tendent à mélanger la politique et la religion parce que l'un de leurs objectifs est de contrôler comment les gens pensent et se comportent. Sur ces points, je dirais que l'Islam (« soumission » ou « reddition » en arabe) ne s'en tire pas bien, parce qu'il tend à institutionnaliser une symbiose entre la politique et la religion. C'est une religion qui tend théoriquement à concentrer l'autorité temporelle et spirituelle dans une seule entité. Structurellement, dans l'Islam, le Calife et le Cheikh sont censés être la même personne, exerçant des pouvoirs spirituels et politiques sur le peuple. Remarquez, quelque chose d'approchant a prévalu dans la chrétienté après le 4ème siècle, quand l'Église et le Trône ont formé d'étroites alliances, le clergé confirmant le pouvoir des rois et des empereurs, et l'aristocratie riche et puissante protégeant la hiérarchie religieuse, elle aussi riche et puissante. C'est seulement avec l'avènement de la Renaissance que l'Europe chrétienne a commencé à parler de la démocratie comme forme la plus humaniste de gouvernement.

 

Les pays musulmans les plus progressistes et les plus modernes et qui ont avancé le plus économiquement, socialement et politiquement, comme la Turquie, la Malaisie ou l'Indonésie, sont ceux qui ont rejeté le mélange malsain et presque complet de religion et de politique qui est exigé par l'Islam fondamentaliste. Dans d'autres pays musulmans, tels que l'Arabie Saoudite et le Qatar, une marque plus extrême de l'Islam prévaut. Ce mouvement dans l'Islam sunnite, (la forme dominante de l'Islam), s'appelle Wahhabisme ou « Salafisme », et il se distingue par non seulement son refus des valeurs et des idéologies occidentales, telles que le nationalisme, le socialisme et le capitalisme, mais aussi en rejetant les concepts occidentaux de liberté, d'économie, de constitutions, de partis politiques, de révolution, de justice sociale et de l'idée même d'une culture rationaliste et laïque. L'autre branche minoritaire de l'Islam, le chiisme, peut aussi être considérée comme extrémiste, particulièrement dans l'Iran contemporain, dans le sens qu'il réserve au clergé un rôle politique dominant dans un pays islamique. Il est principalement concentré en Iran, bien que des chiites habitent aussi en Irak, au Liban, en Arabie Saoudite, au Pakistan, en Afghanistan et en Inde.

 

On peut argumenter qu'avant l'Islam, qui est apparu dans les premières années du 7ème Siècle, la civilisation arabe était plus avancée et plus paisible qu'après l'imposition de la nouvelle foi par la violence. Elle avait participé entièrement aux riches civilisations grecque, assyrienne, persane, chaldéenne et babylonienne, auxquelles nous devons des percées mathématiques, telles que le concept du zéro, trouvé dans les systèmes décimaux grec et hindou, et le théorème de Pythagore dans les mathématiques babyloniennes. Concernant le respect islamique pour la science, une légende veut qu'un des successeurs de Mohamed, le Calife Omar de Damas, s'est distingué en faisant détruire des trésors littéraires séculaires, en plus de la mise à feu de la grande bibliothèque égyptienne d'Alexandrie, une merveille du monde antique. On dit que le Calife Omar a justifié son ordre de détruire les livres de la bibliothèque d'Alexandrie en disant que « Ils seront soit en contradiction avec le Coran, dans ce cas ce sont des hérésies, soit en accord avec lui, et seront donc superflus. »

 

Puisque beaucoup de religions ont une théologie qui fait primer la soi-disant révélation divine sur la raison humaine, il n'est pas étonnant que des extrémistes religieux puissent être opposés au progrès intellectuel humain, particulièrement si un tel progrès est perçu comme une menace pour leur pouvoir politique. Pas étonnant non plus, qu'un tel préjugé contre l'intellect humain et contre les réalisations scientifiques ait une influence nuisible sur le développement économique, social et politique des pays qui adoptent une telle attitude. En effet, l'absence de liberté intellectuelle et la censure sont les deux plus grands ennemis du progrès humain.

 

Durant les 9èmes et 10èmes siècles, la civilisation islamique s'est rachetée quelque peu en ayant de nombreux anciens opuscules scientifiques et philosophiques traduits des langues antiques, surtout du grec en arabe. Ce sont ces traductions importées en Europe qui ont joué un rôle tellement central en provoquant la Renaissance européenne, de laquelle la civilisation occidentale tire toujours la majeure partie de son inspiration.

 

L'Islam est né dans la guerre et a grandi de la même manière. Dès Mohamed (environ 570-632), au 7ème siècle, les moyens de l'expansion musulmane ont toujours été l'épée et la conquête militaire. L'Islam, au moins au début, n'était pas une « religion de paix », pour reprendre l'expression souvent employée par le Président George W. Bush. C'était fondamentalement un mouvement militaire qui usait de la force pour convertir à l'islam afin d'étendre son empire. Mohamed a commencé le premier mouvement violent à Médine, après la déclaration d'un Jihad contre de soi-disant « infidèles ». Là, par exemple, les juifs qui ont refusé de se convertir à l'Islam ont été chassés du pays ou décapités. Environ quinze ans plus tard il a marché sur la Mecque avec une armée d'environ 20.000 hommes, et plus tard contre les Assyriens, les Arméniens et les Coptes en Égypte. Ceux qui se sont convertis à l'islam ont été épargnés. Ceux qui ont refusé ont été décapités. Et voilà ce qu'est l'Islam compatissant.

 

On a à juste titre prétendu que l'imposition de l'Islam aux Arabes fut un développement régressif. Avec l'Islam, la civilisation arabe a perdu une grande partie des réalisations scientifiques et de la tradition de vitalité intellectuelle qu'elle avait hérité des civilisations grecque et assyrienne.

 

La question essentielle du fondement religieux de la violence et du terrorisme a besoin d'attention. C'est le plus pressant, parce que le monde ne va pas tolérer très longtemps d'être soumis au chantage et de voir sa prospérité et sa liberté menacées de cette façon. -- Il n'est pas étonnant que les chefs terroristes usent du masque de la religion pour diaboliser leurs ennemis et pour revêtir leurs cruautés et atrocités d'une pieuse justification. La couverture de la religion pour justifier le terrorisme, particulièrement le terrorisme suicidaire, et le massacre d'innocents, a aussi l'avantage de faciliter le recrutement des soi-disant martyrs et des fanatiques, sinon des individus tout à fait dérangés, qui ne seraient pas aussi facilement mobilisés pour une cause purement politique. Ce peut être une raison pour laquelle le terrorisme d'aujourd'hui basé sur la religion est plus mortel que le terrorisme basé sur le nationalisme d'il y a 40 ou 50 ans.

 

Les extrémistes de toutes religions peuvent trouver des passages dans leurs « livres saints » qui pardonnent la violence contre les autres. Qu'il suffise de dire qu'ils négligent d'autres enseignements du livre au sujet de la « paix », de la « justice », de la « bonté », de la « courtoisie », et de la « compassion » envers les autres, pour se concentrer sur des admonitions qui appellent à l'intolérance et à l'agression contre les soi-disant « infidèles ».

 

Quelques idéologues religieux peuvent renforcer les tendances violentes des individus les plus exaltés en mettant l'accent sur les enseignements religieux les plus violents. Par exemple, un érudit égyptien, Sayed Qutb, arguait dans les années 50, dans son livre d'interprétation coranique intitulé « Fe-zelal-al-Qur'an », qu'un état de guerre permanente est normal entre Musulmans et non-Musulmans, ignorant que le Coran impose que ses enseignements soient compris entièrement, pas en morceaux ou en parties (Sourate 20:114), car il se rapporte surtout à la moralité individuelle, pas à la politique. Le mouvement terroriste à base religieuse Al Qaïda prend son inspiration violente de tels enseignements subversifs impraticables. Il fait partie de l'idéologie jihadiste de haine et de destruction.

 

Confronté à la menace du terrorisme islamiste, les tâches importantes pour le reste du monde sont d'éviter de se mettre à dos les musulmans modérés qui sont en largement majoritaires dans leurs pays. Pour des raisons de soutien national et pour l'acceptation par les masses musulmanes, les gouvernements soucieux de combattre et de contenir le terrorisme international devraient, maintenant plus que jamais, se maintenir sur un terrain moral élevé et de ne pas être les agresseurs. Ils devraient rejeter la propagande rhétorique, négative et trompeuse, - et qui s'auto-réalise -, sur « l'Islamo-Fascisme », la « guerre des civilisations » ou même pire, la « guerre des religions », et se concentrer sur une assistance concrète aux pays musulmans pour qu'ils accèdent à la modernité et à la prospérité, tout en soutenant leurs efforts pour combattre le terrorisme anti-moderne basé sur la religion.

 

Par conséquent, poursuivre une politique d'ouverture, d'aide et d'équité envers les pays musulmans semblerait être l'approche la plus juste et la plus constructive, tout en maintenant simultanément une attitude ferme contre le terrorisme international gratuit, tel qu'il est représenté par le réseau Al Qaïda. C'est triste à dire, mais ce n'est pas le genre de politique raisonnable et sophistiquée suivi par l'administration US actuelle, qui semble déterminée à glorifier et à multiplier les organismes islamistes les plus extrémistes, tout en aliénant et réduisant au silence les gens attachés à la réforme dans le monde musulman.

 

Sur ces points, la meilleure chose que l'administration Bush-Cheney pourrait faire pour combattre le terrorisme islamiste international serait d'annoncer un retrait progressif de son occupation militaire en Irak, tout en persuadant son proche allié, Israël, de mettre fin à sa propre occupation militaire en Palestine, et de prendre des mesures concrètes pour résoudre une fois pour toutes le conflit pourri israélo-palestinien. D'autre part, la plus mauvaise chose que l'équipe Bush-Cheney puisse faire serait de commencer à bombarder l'Iran. Ce serait un geste des plus contre-productifs, lequel alimenterait à la fois l'extrémisme et le terrorisme.

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Original : http://www.thenewamericanempire.com/tremblay=1036.htm

 

Traduit de l'anglais par Pétrus Lombard et révisé par Fausto Giudice

N.B.: Nos remerciements les plus sincères à Pétrus Lombard et à Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, pour leurs traductions de certains des textes du blogue

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