Le vendredi 29 avril, 2016

ƒlections amŽricaines : Dix raisons pour lesquelles Bill et Hillary Clinton ne mŽritent pas un troisime mandat ˆ la Maison-Blanche

Par le Professeur Rodrigue Tremblay

Auteur du livre Ç Le Code pour une Žthique globale È

et du livre Ç Le nouvel empire amŽricain È

 

Ç Peu de choses sont plus dangereuses que les empires poussant leurs propres intŽrts dans la croyance qu'ils font ˆ l'humanitŽ une faveur. È Eric Hobsbawm (1917-2012), 'historien britannique, le 10 juin, 2003

 

Ç Il devrait tre la politique des Etats-Unis de soutenir les efforts visant ˆ supprimer le rŽgime dirigŽ par Saddam Hussein du pouvoir en Irak... È Bill Clinton (1946- ), tirŽ de la loi inspirŽe des neocons, et appelŽe lÔIraq Liberation ActĠ, promulguŽe par le PrŽsident Clinton, en 1998

 

Ç Je vais solliciter ses idŽes, je vais lui demander des conseils et je vais lĠutiliser [lĠancien prŽsident Bill Clinton] en tant quĠŽmissaire de bonne volontŽ pour faire le tour du pays afin de trouver les meilleures idŽes que nous avons, parce que je crois aussi, comme il lĠa lui-mme dit, quĠon a dŽjˆ rŽsolu quelque part en AmŽrique ce qui ne va pas avec l'AmŽrique. È Hillary Clinton (1947- ), candidate dŽmocrate ˆ la prŽsidence amŽricaine, lors d'un dŽbat le 17 janvier, 2016

 

Ç Je vais vous dire ce que font nos militaires sous la responsabilitŽ de  [lĠancien directeur de la CIA] Michael Hayden et de gens comme lui. Nous sommes en guerre au Moyen-Orient depuis 15 ans, 18 ans. Nous avons dŽpensŽ quatre ou cinq mille milliards de dollars ; Nous ne savons pas ce que nous faisons; Nous ne savons pas contre qui nous nous battons. Nous armons des gens que nous voulons de notre c™tŽ, mais nous ne savons pas qui ils sont.

Quand ils prennent le contr™le dĠun pays, ils sont pires que ceux qu'ils ont renversŽs. È Donald Trump (1946- ), candidat rŽpublicain ˆ la prŽsidence amŽricaine, en rŽponse ˆ une lettre ouverte de soi-disant Ç experts È en sŽcuritŽ nationale

 

En dŽmocratie, les citoyens connaissent en gŽnŽral peu de choses sur les candidats pour qui ils votent, en bien ou en mal, au-delˆ de lĠimage officielle crŽŽe par la propagande. Dans le cas de la candidate dŽmocrate Hillary Clinton, cela fait environ 40 ans quĠelle et son mari, lĠex prŽsident Bill Clinton, sont en politique active. Cet article vise ˆ Žclairer quelque peu la rŽalitŽ qui se cache derrire les impressions parfois superficielles que lĠon a dĠeux.

 

Disons pour commencer quĠil existe prŽsentement aux ƒtats Unis un grand mŽcontentement populaire ˆ lĠendroit des politiciens associŽs ˆ lĠestablishment politique et corporatif du pays. Sondage aprs sondage montrent une grande insatisfaction, sinon une certaine colre, de lĠŽlectorat ˆ lĠendroit des politiciens en place, et mme ˆ lĠendroit des candidats qui veulent les remplacer. Il y rgne aussi une grande polarisation de lĠŽlectorat.

 

Il nĠy a donc rien de surprenant ˆ ce que deux candidats prŽsidentiels, le dŽmocrate Bernie Sanders et le rŽpublicain Donald Trump tiennent un discours anti establishment, et proposent des politiques de nature populiste pour sortir leur pays du marasme relatif qui perdure.

 

En politique intŽrieure, les deux candidats populistes Sanders et Trump mettent tous deux de lĠavant, ˆ leur faon, des politiques favorables ˆ la classe moyenne. Cette dernire a subi les contrecoups de quelques trente ans de mondialisation Žconomique et financire et de lĠimplantation dĠaccords de Ôlibre ŽchangeĠ, lesquels sont, en dŽfinitive, des accords pour les investisseurs et les grandes banques, bien avant dĠtre des ententes purement commerciales.

 

En politique extŽrieure, les deux se dissocient des guerres Žtrangres, cožteuses et facultatives, dans lesquelles le gouvernement amŽricain sĠest lancŽ au cours des dernires dŽcennies. La plupart de ces guerres, surtout celles encore en cours au Moyen Orient, furent entreprises sous la pression des nŽoconservateurs pro-israŽliens (connus sous lĠappellation abrŽgŽe de nŽocons), lesquels sont fort influents tant ˆ lĠintŽrieur quĠˆ lĠextŽrieur du gouvernement amŽricain, et lesquels dominent la politique Žtrangre Žtatsunienne depuis la fin de la Guerre froide, en 1991.

 

Il est bien connu, en effet, que des nŽo-conservateurs de premier plan sont devenus trs influents dans les hautes sphres des administrations Bush I (1989-1993) et Bush II (2001-2009). Beaucoup se souviennent de la faon dont des personnages tels que Paul Wolfowitz, John Bolton, Elliott Abrams, Richard Perle, Douglas Feith, ... etc., usrent de diffŽrentes tactiques pour impliquer les ƒtats Unis dans une guerre sans fin de type impŽriale, prŽsentŽe comme une sŽrie de Ç guerres dites prŽventives È au Moyen-Orient. La premire fut, bien sžr, lĠagression militaire non provoquŽe de George W. Bush contre l'Irak, en mars 2003.

 

Mme si cela est moins connu, les nŽocons ont Žgalement jouŽ un r™le important dans l'administration de Bill Clinton (1993-2001) et dans lĠadministration actuelle de Barack Obama (2009-2017). Dans les deux cas, ils se sont faits les promoteurs d'une sŽrie de provocations et de guerres ˆ l'Žtranger, en particulier au Moyen-Orient, mais aussi en Europe de lĠest, en plus de prŽparer le terrain pour des crises financires futures, en mettant de lĠavant des lŽgislations bancaires risquŽes.

 

NŽanmoins, la candidate prŽsidentielle qui a les meilleures chances, selon les sondages, dĠaccŽder ˆ la prŽsidence amŽricaine, lors des Žlections du 8 novembre prochain, est Hillary Clinton. Celle-ci a dĠailleurs prŽcisŽ quĠadvenant son Žlection, elle nĠhŽsiterait point ˆ consulter son mari, lĠancien PrŽsident Bill Clinton. (LĠŽlection de Hillary Clinton deviendrait dĠailleurs une certitude si lĠestablishment rŽpublicain rŽussissait ˆ priver le milliardaire Donald Trump de lĠinvestiture rŽpublicaine, alors quĠil a remportŽ le plus grand nombre de primaires).

 

Dans les circonstances, on peut se demander, primo, si lĠŽlection de Hillary Clinton ˆ la prŽsidence ne serait pas, en quelque sorte, un troisime mandat du couple Clinton ˆ la Maison-Blanche, et secundo, ce que lĠon peut attendre dĠune telle ŽventualitŽ. La boutade de Bill Clinton, en 1992, quĠavec le couple Clinton, les USA pouvaient avoir Ç deux prŽsidents pour le prix dĠun È nĠa gure perdu de sa pertinence.

 

Il y a quelque temps, jĠavais identifiŽ trois crises majeures de ce dŽbut de sicle, dont les origines remontaient ˆ des dŽcisions prises sous le rgne du PrŽsident Bill Clinton (1993-2001).

 

Nous pouvons peut-tre les rappeler ici et en rajouter un certain nombre qui sĠappliquent davantage ˆ la candidate Hillary Clinton:

 

1- La premire crise a trait ˆ la relance dĠune deuxime Guerre froide avec la Russie

 

L'histoire retiendra que le prŽsident Bill Clinton prit sur lui-mme de briser une importante promesse faite par son prŽdŽcesseur, le prŽsident George H. Bush, ˆ lĠeffet que le gouvernement amŽricain nĠallait pas agrandir l'OTAN en accueillant dans son sein des pays de lĠEurope de l'Est, si la Russie acceptait de dissoudre le Pacte de Varsovie. Comme on le sait, au  cours de sa campagne de rŽŽlection, en 1996, plus prŽcisŽment, le 22 octobre 1996, le prŽsident Clinton crut retirer un avantage Žlectoral en  promettant dĠŽlargir l'OTAN pour y englober la Pologne, la Hongrie et la TchŽcoslovaquie. Ë cette Žpoque, peu de gens se rendaient compte que cette promesse brisŽe marquait le dŽbut d'une nouvelle guerre froide avec la Russie, comme lĠa fait remarquer George F. Kennan (1904-2005), un diplomate amŽricain et spŽcialiste de la Russie.

 

On conna”t encore moins le fait que Mme Hillary Clinton, quand elle Žtait secrŽtaire d'ƒtat dans le gouvernement dŽmocrate de Barack Obama, nomma une personne nŽoconservatrice de premier plan, Mme Victoria Nuland, Žpouse de lĠidŽologue nŽoconservateur Robert Kagan, au poste de porte-parole du DŽpartement d'ƒtat amŽricain. Mme Nuland fut par la suite promue au poste de secrŽtaire d'ƒtat adjointe aux affaires europŽennes et eurasiennes, soit en mai 2013, toujours dans la mme administration dŽmocrate de Barack Obama. Auparavant, elle avait travaillŽ pour Dick Cheney, alors vice prŽsident rŽpublicain dans le gouvernement de George W. Bush. Elle agissait alors comme conseillre principale de politique Žtrangre. Par aprs, elle fut nommŽe ambassadrice auprs de l'OTAN.

 

CĠest la mme Mme Nuland qui dirige prŽsentement le programme amŽricain qui vise ˆ provoquer la Russie dans une nouvelle guerre froide. (On a lˆ une preuve quĠˆ Washington D.C., on peut transiter avec facilitŽ d'une administration rŽpublicaine ˆ une administration dŽmocrate, pourvu qu'on appartienne ˆ la confrŽrie des nŽo-conservateurs).

 

2- Le gouvernement de Bill Clinton sĠest employŽ ˆ rŽduire le r™le des Nations Unies dans le monde, ˆ compter de 1998-1999

 

Le prŽsident Bill Clinton a minŽ considŽrablement la crŽdibilitŽ des Nations Unies quand il dŽcida dĠignorer le Conseil de SŽcuritŽ de lĠONU pour impliquer les ƒtats Unis dans la guerre du Kosovo, en 1998-1999, en lanant une campagne de bombardements en Yougoslavie. Il sĠagissait alors dĠune violation flagrante de la Charte des Nations Unies, cette dernire proscrivant toute guerre dĠagression qui ne reoit pas son imprimatur. Ce fut un prŽcŽdent dangereux.

 

En effet, quelques annŽes plus tard, son successeur encore plus belliqueux et encore plus mŽprisant de la loi internationale, le prŽsident George W. Bush, invoqua le prŽcŽdent mis de lĠavant par Bill Clinton pour lancer une guerre dĠagression contre lĠIrak, en mars 2003, toujours sans recevoir lĠaval du Conseil de SŽcuritŽ.

 

CĠest pourquoi, on peut dire que le prŽsident Bill Clinton doit assumer une part Žvidente de responsabilitŽ pour le chaos qui prŽvaut prŽsentement dans le monde. En pratique, les Nations Unies ont dž cŽder leur place ˆ lĠorganisation de lĠOTAN, laquelle dorŽnavant sert de caution plus ou moins ouverte aux guerres impŽriales que les ƒtats Unis mnent dans le monde. Cela est une violation du cadre lŽgal de lĠONU et mme des principes prŽvus dans la Charte de Nuremberg, cette dernire dŽfinissant une agression militaire comme Žtant un Ç crime contre la paix et la sŽcuritŽ de lĠhumanitŽ È.

 

En 1991, peu de gens virent que l'effondrement de l'Union soviŽtique finirait par provoquer l'effondrement de l'Organisation des Nations Unies, laquelle, peu ˆ peu, en est rŽduite au mme niveau dĠinfluence quĠavait l'ancienne SociŽtŽ des Nations, durant les annŽes qui ont prŽcŽdŽ la Seconde Guerre mondiale.

 

3- Bill Clinton a permis un retour aux abus bancaires dĠavant la Grande DŽpression, et il prŽpara le terrain pour la crise financire de 2007-2009

 

En effet, le prŽsident Bill Clinton promulgua, le 12 novembre 1999, une loi parrainŽe par les sŽnateurs rŽpublicains Gramm, Leach et Bliley, laquelle loi Žliminait, en pratique, la plupart des dispositions qui Žtablissaient une sŽparation entre les banques dĠaffaires (lesquelles Žmettent des titres et dĠautres produits risquŽs), et les banques commerciales (qui acceptent des dŽp™ts assurŽs par le gouvernement), une sŽparation qui existait depuis 1933, en vertu de la Loi Glass-Steagall.

 

Avant lĠadoption de la loi de 1999, sous le rŽgime de la prŽcŽdente loi Glass-Steagall, il Žtait illŽgal pour une banque acceptant des dŽp™ts assurŽs par la FDIC dĠinvestir dans d'autres avoirs que des obligations gouvernementales et dans dĠautres titres ˆ faible risque. Avec sa signature, cependant, le PrŽsident Clinton se trouva ˆ permettre aux super grandes banques et aux grandes compagnies d'assurance, dorŽnavant trs peu rŽglementŽes, dĠadopter des pratiques financires risquŽes, un penchant fort connu au cours de lĠhistoire et quĠil Žtait facile de prŽdire quĠil allait se rŽpŽter si on enlevait les garde-fous. Comme on le sait, les nouveaux produits financiers des banques et des compagnies d'assurance se sont effondrŽs en 2007-2009, et cela a conduit ˆ la grande crise financire dite des Ç subprimes È.

 

Alors que le candidat dŽmocrate Bernie Sanders a dŽclarŽ vouloir rŽtablir pleinement la loi Glass-Steagall, son adversaire, l'ancienne secrŽtaire Hillary Clinton, sĠoppose pour sa part au rŽtablissement la loi bancaire de 1933, prŽfŽrant introduire des mesures pour mieux encadrer les pratiques du systme bancaire parallle quĠon appelle le Çshadow bankingÈ.

 

4- La guerre amŽricaine de 2003 contre lĠIrak a vŽritablement commencŽ en 1998, avec la signature par le prŽsident Bill Clinton de la loi de la ÔLibŽration de lĠIrakĠ

 

Le 19 fŽvrier 1998, un petit groupe de nŽoconservateurs amŽricains (Robert Kagan, Paul Wolfowitz, Elliot Abrams, John Bolton, Richard Perle, Éetc.), dŽsireux de pousser les ƒtats Unis dans une guerre au Moyen Orient, Žcrivirent une lettre ouverte au prŽsident Bill Clinton. Ils lĠincitaient ˆ prendre les moyens nŽcessaires pour Ç renverser le rŽgime de Saddam Hussein È en Irak.

 

Le prŽsident Clinton ne se lana pas en guerre immŽdiatement pour faire plaisir aux nŽocons, aprs tout il Žtait en fin de mandat, mais il accepta de faire sienne, en la signant le 31 octobre 1998, une loi concoctŽe par les RŽpublicains et il promulgua la loi dite de ÔLibŽration de lĠIrakĠ (The Iraq Liberation Act). La loi stipulait que dorŽnavant, ce serait : Ç la politique des ƒtats Unis de soutenir les efforts pour renverser le rŽgime de Saddam Hussein en IrakÉÈ. Bill Clinton fit mme voter un montant de $97 millions de dollars pour lĠentra”nement et lĠŽquipement militaire de lĠopposition irakienne. Tout cela ouvrit la porte ˆ une guerre dĠagression des ƒtats Unis contre lĠIrak.

 

Ce ne fut donc pas une surprise quand le prŽsident George W. Bush, ˆ la recherche dĠun appui bi partisan pour la guerre quĠil projetait contre lĠIrak, se rŽfŽra explicitement ˆ la loi de LibŽration de lĠIrak de 1998, signŽe par le prŽsident Bill Clinton. Il sĠen est servi pour faire adopter par le Congrs amŽricain, le 2 octobre 2002, une loi qui autorisait le recours ˆ la force contre lĠIrak. On peut donc dire que le prŽsident Bill Clinton mit la machine de guerre Žtatsunienne en marche contre lĠIrak ds 1998, et il doit assumer une part de responsabilitŽ pour tous les dŽsastres humains et autres qui ont dŽcoulŽ de cette premire guerre dĠagression, au dŽbut du 21me sicle.

 

5- Hillary Clinton a ˆ son crŽdit sa propre guerre dĠagression, (soit la guerre amŽricaine en Libye menŽe sous de fausses reprŽsentations et laquelle crŽa des millions de rŽfugiŽs)

 

Mais Hillary Clinton nĠest pas en reste sur son prŽsident de mari puisquĠelle a, elle aussi, puissamment contribuŽ ˆ dŽtruire un autre pays, cette fois-ci, la Libye.

 

En effet, malgrŽ les pressions, le prŽsident Barack Obama se montrait rŽticent ˆ copier George W. Bush avec son invasion militaire de lĠIrak en 2003.

 

Voilˆ pourquoi, en 2011, il hŽsitait ˆ lancer une nouvelle guerre d'agression Žtatsunienne, cette fois contre la Libye, mme si les nŽocons ˆ l'intŽrieur et ˆ l'extŽrieur de son administration poussaient fort pour une telle guerre. Ce dernier pays, dirigŽ par le colonel Mouammar Kadhafi, avait eu le malheur dĠtre identifiŽ dans le grand plan des nŽo-conservateurs comme l'un des pays arabes dont les nŽo-conservateurs voulaient renverser le gouvernement dans leur campagne de dŽstabilisation du Moyen Orient, en utilisant ˆ cette fin, la force militaire Žtatsunienne au profit d'Isra‘l.

 

Ë l'Žpoque, il y avait deux poids lourds dans le gouvernement de Barack Obama qui sĠopposaient avec vŽhŽmence aux pressions des nŽocons pour une nouvelle intervention militaire amŽricaine pour renverser le gouvernement de la Libye, soit le vice-prŽsident Joe Biden et le secrŽtaire ˆ la DŽfense Robert Gates. Mais cĠŽtait sans compter sur lĠapport de la principale alliŽe des nŽoconservateurs ˆ lĠintŽrieur du gouvernement, soit la secrŽtaire d'ƒtat Hillary Clinton.

 

En effet, Hillary Clinton rŽussit ˆ surmonter la formidable opposition du duo Biden-Gates ˆ une intervention militaire amŽricaine en Libye en persuadant un prŽsident Obama faible et irrŽsolu que le prŽsident libyen Kadhafi avait un supposŽ plan de Ç gŽnocide È contre son propre peuple et que le gouvernement amŽricain avait la Ç responsabilitŽ de protŽger la population libyenne È et empcher un tel Ç gŽnocide È, peu importe ce que dit la loi internationale sur les agressions militaires. Il y a un dicton qui dit que Ç celui qui veut noyer son chien l'accuse de la rage È!

 

Ce faisant, Hillary Clinton ne faisait rien dĠautre que suivre le prŽcŽdent crŽŽ par son mari, le prŽsident Bill Clinton, quand ce dernier bombarda la Yougoslavie, en 1998-1999, en dehors du droit international. Il y avait quelque chose dĠironique ˆ ce que le prŽsident Obama se range du c™tŽ dĠHillary Clinton et des nŽocons alors que lors de la campagne Žlectorale qui lĠopposait ˆ Mme Clinton en 2008, il avait dit que cette dernire empruntait le langage de George W. Bush.

 

En 2011, il est vrai que le gouvernement de Mouammar Kadhafi Žtait aux prises avec une rŽbellion, soutenue par des puissances Žtrangres, mais lĠaccusation dĠun Ç gŽnocide È apprŽhendŽ Žtait fort exagŽrŽe.

 

Suite au bombardement de la Libye par les ƒtats Unis et une poignŽe de pays europŽens, des groupes rebelles rŽussirent ˆ capturer le colonel Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011. Aprs lĠavoir sodomisŽ, ils lĠassassinrent, lui et sa famille. Il sĠen est suivi un grand chaos en Libye, et ce pays en dŽroute est encore la proie de combats entre diffŽrents groupes de fanatiques islamiques. De plus, la Libye dŽsorganisŽe est la source de millions de rŽfugiŽs fuyant leur pays dŽvastŽ vers lĠEurope et dĠautres parties du monde.

 

On peut se surprendre que Hillary Clinton se soit publiquement vantŽe dĠun pareil dŽsastre. Dans les jours qui ont suivi le renversement du gouvernement Kadhafi, en effet, elle dŽclara ce qui suit sur un plateau de tŽlŽvision : Ç nous sommes venus; nous avons vu; il est mort! È

 

Ses conseillers nŽocons lui avaient dit qu'on se souviendra dĠelle comme lĠinstigatrice dĠune nouvelle Ç Doctrine Clinton È! Si la crŽation d'une catastrophe humaine de haute Žchelle compte comme Ç expŽrience È dans un curriculum vitae, la candidate Hillary Clinton est sans aucun doute Ç qualifiŽe È pour devenir prŽsidente des ƒtats-Unis. Cependant, il est Žvident quĠelle souffre dĠun dŽficit d'empathie humaine ŽlŽmentaire.

 

6- Hillary Clinton: la candidate de proue de lĠestablishment du 1%

 

En tant que politiciens professionnels, Bill et Hillary Clinton sont devenus le couple politique le plus riche de tous les temps. En 2012, leur patrimoine combinŽ dŽpassait 112,000,000.00 $. En revanche, le candidat dŽmocrate Bernie Sanders avait des avoirs qui ne dŽpassaient gure 420,000.00 $. Il n'y a pas l'ombre d'un doute que la famille politique Clinton appartient ˆ lĠestablishment du 1% et mme du 0,1%, parmi les contribuables amŽricains. La politique a ŽtŽ une industrie des plus enrichissante pour eux.

 

On ne doit donc gure se surprendre que la candidate dŽmocrate ˆ la prŽsidentielle soit de loin le choix privilŽgiŽ de l'establishment. Les nŽocons trouvent en elle une alliŽe trs fiable. Si elle devient prŽsidente des ƒtats-Unis, ils peuvent espŽrer continuer et mme accŽlŽrer la rŽalisation de leur plan d'ensemble pour le Moyen-Orient. Ce serait la joie dans certains quartiers!

 

En revanche, les deux candidats ˆ la prŽsidentielle Bernie Sanders et Donald Trump sĠopposent aux guerres Žtatsuniennes tous azimuts d'inspiration nŽoconservatrice, et ils mettent de lĠavant des politiques et des rŽformes favorables ˆ la classe moyenne. Pour sa part, le candidat dŽmocrate Bernie Sanders propose des politiques sociales agressives, tandis que le candidat rŽpublicain Donald Trump ambitionne de renverser la marche vers une mondialisation industrielle et financire toujours plus poussŽe, laquelle sĠest traduite par la perte de millions d'emplois rŽmunŽrateurs aux ƒtats Unis, suite au dŽplacement des installations de production et des profits de sociŽtŽs Žtatsuniennes vers l'Žtranger.

 

La candidate Hillary Clinton peut cependant bŽnŽficier dĠun systme viciŽ de sŽlection du candidat dŽmocrate ˆ la prŽsidentielle. En effet, lĠestablishment du parti dŽmocrate sĠest rŽservŽ un nombre de 719 Ç superdŽlŽguŽs È non Žlus, soit 15 pourcent de lĠensemble des dŽlŽguŽs ˆ la convention dŽmocrate des 25-28 juillet prochains, lesquels peuvent faire pencher la balance dans le sens de leurs intŽrts. Dans ces conditions, mme si le candidat Bernie Sanders obtenait une lŽgre majoritŽ des dŽlŽguŽs Žlus, suite aux rŽsultats des primaires, ses chances dĠtre choisi reprŽsentant dŽmocrate ˆ lĠŽlection prŽsidentielle sont presque nulles.

 

Tout cela pour dire quĠil nĠy a pas de candidat plus associŽ ˆ lĠestablishment politique aux Etats-Unis, et au g‰chis que cet establishment laisse derrire lui, que Madame Hillary Clinton.

 

7- LĠintention arrtŽe de Hillary Clinton de poursuivre la politique Žtatsunienne de provoquer des changements de gouvernement dans les autres pays et de crŽer le chaos dans ces pays

 

Hillary Clinton, par ses faits et gestes, est une va-t-en-guerre invŽtŽrŽe, laquelle fait penser au sŽnateur John McCain, le candidat rŽpublicain ˆ la prŽsidence en 2008. Quand elle siŽgeait comme sŽnatrice de lĠƒtat de New York (2001-2009), elle se rangea avec enthousiasme derrire la guerre dĠagression de George W. Bush contre lĠIrak, et quand elle Žtait secrŽtaire dĠƒtat (2009-2013), elle a admis avoir jouŽ un r™le important dans le coup dĠŽtat qui renversa, le 28 juin 2009, le prŽsident dŽmocratiquement Žlu du Honduras, Manuel Zelaya, par lĠarmŽe de ce pays.

 

De mme, le soutien de Hillary Clinton pour Isra‘l est sans nuances. Dans les milliers de courriels personnels quĠelle a envoyŽs ˆ des amis alors quĠelle Žtait secrŽtaire d'ƒtat, certains contenant des secrets d'Žtat, (peut-tre un acte illŽgal), elle a nombre de fois affirmŽ sa volontŽ d'utiliser l'armŽe Žtatsunienne pour rŽaliser les objectifs du gouvernement israŽlien au Moyen-Orient. Dans un courriel rŽvŽlateur, par exemple, et envoyŽ au printemps de 2012, elle exprime son point de vue trs clairement en ces termes :

Ç La meilleure faon d'aider Isra‘l ˆ faire face ˆ la menace nuclŽaire de l'Iran est d'aider le peuple syrien ˆ renverser le rŽgime de Bachar al-Assad ...

Pour les dirigeants israŽliens, la vŽritable menace d'une Iran nuclŽarisŽe nĠest pas la crainte qu'un dirigeant iranien devenu fou lance une attaque nuclŽaire non provoquŽe contre Isra‘l, ce qui mnerait ˆ l'anŽantissement des deux pays. Ce que les dirigeants militaires israŽliens craignent vraiment —mais ils ne peuvent pas le dire —est la perspective de perdre leur monopole nuclŽaire ...

Par la suite, Isra‘l et les ƒtats-Unis pourraient tre en mesure de dŽvelopper une vision commune quant au moment o le programme nuclŽaire iranien deviendrait tellement dangereux quĠune action militaire sĠimposerait ...

En bref, la Maison-Blanche peut apaiser la tension qui existe entre Isra‘l et l'Iran en faisant le bon choix en Syrie. È

 

Il ne fait aucun doute que si Hillary Clinton devenait prŽsidente des ƒtats Unis, elle nĠaurait aucun scrupule ˆ employer la puissance militaire amŽricaine pour appuyer les objectifs dĠun pays Žtranger, Isra‘l, au Moyen Orient. Cela devrait faire partie des dŽbats dans une campagne Žlectorale.

 

8- Hillary Clinton entretient des liens Žtroits avec la haute finance de Wall Street et dĠautres puissants intŽrts

 

Tandis que le candidat Bernie Sanders finance sa campagne Žlectorale, dans une large mesure, ˆ partir de petits dons individuels, et alors que le candidat Donald Trump finance sa campagne ˆ mme ses propres fonds, la candidate Hillary Clinton compte principalement sur lĠapport important de riches lobbyistes professionnels, de grandes sociŽtŽs et de mŽga banques. Le financier milliardaire Georges Soros, par exemple, a contribuŽ ˆ hauteur de 8 millions de dollars ˆ la campagne de Hillary Clinton. Des mŽga banques, telles Citigroup Inc, Goldman Sachs et Morgan Stanley, figurent parmi ses principaux donateurs. Hillary Clinton est de loin celle qui dŽpense le plus parmi tous les candidats prŽsidentiels.

 

Un recours aussi systŽmatique ˆ de riches donateurs devrait soulever des soupons, car cela pourrait vouloir dire que ces derniers auront son oreille lorsquĠelle occupera la Maison-Blanche. Le r™le central que joue lĠargent dans les Žlections Žtatsuniennes rend de plus en plus difficile dĠŽlire un gouvernement Ç du peuple, par le peuple et pour le peuple È, selon les mots du prŽsident Lincoln.

 

Un financier et politicien amŽricain, Simon Cameron (1799-1889), a dŽjˆ lancŽ en boutade quĠ Ç un politicien honnte est celui qui, une fois achetŽ, reste achetŽ È. En effet, depuis la dŽcision fatidique de la Cour Suprme Žtatsunienne, en janvier 2010, dans la cause dite de Ç Citizens United È, par un vote serrŽ de 5 contre 4, cette dernire statuant que les sociŽtŽs incorporŽes faisaient partie du Ç peuple È et que dŽpenser de lĠargent ˆ des fins Žlectorales faisait partie de la Ç libertŽ dĠexpression È, lĠimportance que prend lĠargent dans lĠissue des Žlections est devenu une question centrale aux ƒtats Unis.

 

Dans le cycle Žlectoral en cours, Hillary Clinton est la seule candidate chez les dŽmocrates qui reoit des montants ŽlevŽs de riches donateurs, ˆ hauteur de 77 pourcent de tous les dons recueillis. Certaines de ces contributions lui viennent indirectement de donateurs Žtrangers. Tout candidat qui fait reposer sa campagne Žlectorale sur les dons provenant de richissimes individus ou sociŽtŽs devrait avoir des comptes ˆ rendre.

 

9- La responsabilitŽ personnelle de Hillary Clinton dans lĠassassinat de lĠambassadeur Stevens lors du dŽsastre de Benghazi

 

Il y a deux scandales dans le dŽsastre de Benghazi, en Libye, et lĠex secrŽtaire dĠƒtat Hillary Clinton est impliquŽe dans les deux.

 

Le premier tient au fait que le DŽpartement dĠƒtat que prŽsidait Mme Clinton nĠa pas fourni une protection suffisante au consulat o se trouvaient lĠambassadeur J. Christopher Stevens et lĠofficier de renseignement Sean Smith. Et pire, avant dĠtre attaquŽs et tuŽs par des militants islamistes, le 11 septembre 2012, ils avaient demandŽ une protection militaire de toute urgence, ˆ trois reprises, et cette aide leur avait ŽtŽ refusŽe. Hillary Clinton a dit assumer sa part de responsabilitŽ dans ce fiasco.

 

Le deuxime scandale vient du fait que lĠex secrŽtaire Hillary Clinton avait semble-t-il acceptŽ que la mission diplomatique de son ministre en Libye serve de couverture aux opŽrations secrtes de la CIA dans ce pays. Cela plaait automatiquement les employŽs du ministre en danger. LĠambassadeur Stevens avait ŽtŽ dŽsignŽ, ds mars 2011, agent de liaison avec les rebelles opposŽs au gouvernement libyen. Son r™le Žtait de faciliter lĠacheminement des armes et proposer des tactiques pour renverser le gouvernement du prŽsident Mouammar Kadhafi.

 

Selon les recherches du journaliste amŽricain dĠinvestigation, Seymour Hersh, Ç la seule responsabilitŽ du consulat amŽricain [ˆ Benghazi] Žtait de fournir une couverture pour acheminer des armes. Il n'avait aucun r™le politique rŽel assignŽ. È Et ces armes nĠŽtaient pas seulement transmises aux rebelles islamiques qui combattaient le gouvernement libyen du prŽsident Kadhafi ; elles Žtaient aussi acheminŽes clandestinement vers la Syrie et remises ˆ d'autres unitŽs rebelles islamistes dans leur tentative de renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

 

Tout cela est une affaire bien trouble lorsque lĠon sait que toutes ces opŽrations secrtes Žtaient illŽgales en vertu du droit international, et cela jette un certain Žclairage sur la responsabilitŽ de Hillary Clinton et sur son Ç expŽrience È.

 

10- Hillary Clinton promet de nouvelles guerres amŽricaines de type impŽrial, notamment au Moyen Orient

 

Lors dĠun rŽcent discours devant des dŽlŽguŽs de lĠorganisation de lĠAIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le 21 mars, la candidate Hillary Clinton a fait part clairement de ses intentions de contourner les Nations Unies, quand elle a dŽclarŽ: Ç Je mĠoppose vigoureusement ˆ toute tentative par des tiers pour imposer une solution [au conflit israŽlo-palestinien], y compris par le Conseil de sŽcuritŽ de l'ONU. È Dans un discours similaire, au cours de la primaire dŽmocrate en Pennsylvanie, en avril 2008, Hillary Clinton avait dit jusquĠo elle Žtait prte ˆ aller pour dŽfendre Isra‘l, Ç Si je suis prŽsidente, nous allons attaquer l'Iran ... Nous serions en mesure de les rayer compltement de la carte. È

 

Il faut vraiment avoir un esprit psychopathique pour faire pareille dŽclaration, cĠest-ˆ-dire soulever la perspective dĠanŽantir un pays de 80 millions de dĠhabitants. Un tel Žtat d'esprit devrait disqualifier toute personne qui aspire ˆ devenir prŽsident des ƒtats Unis. Son adversaire dŽmocrate ˆ ce moment-lˆ, le candidat Barack Obama, avait accusŽ Hillary Clinton de rodomontades et avait remarquŽ quĠelle utilisait une rhŽtorique qui collait ˆ celle de George W. Bush.

 

Hillary Clinton a toutes les qualitŽs pour tre une propagandiste de la guerre perpŽtuelle. C'est probablement parce qu'elle est imbue du dangereux mythe de l'exceptionnalisme amŽricain. Dans son livre biographique ÔHard ChoicesĠ et dans diverses entrevues, elle a clamŽ haut et fort sa conviction que Ç l'AmŽrique reste la Ônation indispensableĠ È. CĠest lˆ un Žtat dĠesprit dangereux, surtout venant de politiciens qui contr™lent des armes nuclŽaires. L'histoire du 20me sicle et la montŽe de l'Allemagne nazie devraient enseigner ˆ toute personne dŽmocratique quĠil est dangereux de brandir le mythe de la supŽrioritŽ de leur nation sur les autres.

 

Rappelons que la candidate Hillary Clinton a rŽaffirmŽ rŽcemment son soutien ˆ lĠimposition par les ƒtats Unis dĠune zone d'exclusion aŽrienne en Syrie, semblable ˆ celle quĠelle avait proposŽe en Libye, en 2011, avec les rŽsultats dŽsastreux que lĠon sait. En effet, ce sont des terroristes islamistes qui ont pris le relais dans ce pays. Elle semble n'avoir rien appris du fiasco quĠelle a crŽŽ en Libye. CĠest le signe dĠun trs mauvais jugement.

 

Conclusion

 

Le sŽnateur amŽricain du Kentucky, le rŽpublicain Rand Paul a soutenu, en 2015, que selon lui Ç Hillary Clinton est une nŽoconservatrice, [parce que] elle a appuyŽ la guerre en Irak, et en Afghanistan ...

Si Hillary Clinton devient prŽsidente, nous serons de nouveau en guerre au Moyen-Orient. È

 

Si on se fie ˆ toutes les dŽclarations guerrires dĠHillary Clinton, et elles sont nombreuses, et considŽrant son passŽ trouble au DŽpartement dĠƒtat, il est normal que lĠon sĠinterroge sur la possibilitŽ quĠelle soit effectivement une nŽoconservatrice de cÏur. On devrait le lui demander carrŽment lors dĠun dŽbat ou lors dĠune entrevue. Tout ce que lĠon sait, cĠest quĠune prŽsidente Clinton pousserait les ƒtats Unis vers la guerre perpŽtuelle. CĠest lˆ une considŽration ˆ mŽditer pour les AmŽricains qui lĠappuient.

 

Si on pousse les choses un peu plus loin, et si on prend en considŽration lĠhŽritage controversŽ que le prŽsident Bill Clinton a laissŽ derrire lui, suite ˆ ses deux mandats prŽsidentiels de 1993-1997 et de 1997-2001, de mme aussi que la forte possibilitŽ que ce dernier agisse en tant que proche conseiller de son Žpouse, on peut certes sĠinterroger si ce serait une bonne idŽe que les AmŽricains gratifient le couple Clinton dĠun troisime sŽjour ˆ la Maison-Blanche.

 

COMMENTAIRES(13)_

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Rodrigue Tremblay est professeur ŽmŽrite d'Žconomie ˆ l'UniversitŽ de MontrŽal et on peut le contacter ˆ l'adresse suivante : rodrigue.tremblay1@gmail.com

Il est l'auteur du livre du livre Ç Le nouvel empire amŽricain È et du livre Ç Le Code pour une Žthique globale È.

Prire de visiter son blogue international ˆ l'adresse suivante : http://www.thenewamericanempire.com/blog.htm.

 

Sites Internet de l'auteur : http://www.thenewamericanempire.com/

http://www.thecodeforglobalethics.com

http://www.lecodepouruneethiqueglobale.com

 

Pour plus dĠinformations concernant le dernier livre du professeur Tremblay intitulŽ : "Le Code pour une Žthique globale", voir : http://www.lecodepouruneethiqueglobale.com/

 

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