N. B: Lisez
des extraits en français ou en anglais du prochain livre du professeur
Rodrigue Tremblay :
Le code pour une éthique
globale
www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com/
The Code for Global Ethics
Traduit par Pétrus
Lombard
« Je pense que tout bien pensé
l'influence morale de la religion a été
horrible. , les braves gens peuvent se comporter bien
et les mauvaises gens peuvent faire le mal avec ou sans la religion ; mais pour
que les braves gens puissent faire le mal , il faut la
religion. »
Steven Weinberg, lauréat du Nobel de physique
« Un tyran doit avoir l’air
d’avoir une dévotion peu commune à la religion. Les sujets
ont moins peur d’être
traités illégalement par un qu'ils considèrent très
croyant et pieux. »
Aristote (384-322 avant JC)
Depuis
que le Président US George W. Bush raconte que « Dieu » lui
dit les politiques à suivre, sans doute que le côté
religieux de l'axe Israël-USA devrait être plus rigoureusement
examiné. A plus forte raison depuis que Bush a refusé de
répondre à une question directe concernant ses propres vues au
sujet de la théorie de ses alliés religieux, selon laquelle Dieu
est supposé avoir un plan pour une fin du monde prochaine. Il aurait pu
répondre que ces idées, provenant de fanatiques religieux,
devrait être rejetées comme des hallucinations, mais il ne
l’a pas fait. Qu’est-ce que cela veut dire?
Quand les extrémistes religieux utilisent leur
accès à la TV exonérés de taxe pour publiquement
réclamer une confrontation nucléaire entre l'Amérique et
l'Iran, et quand ils tentent de diaboliser l'Union Européenne en l'appelant
« l'Antéchrist », n’est-il pas temps de demander ce qui
se passe aux USA. Ce vent de folie collective est-il en train de
s’apaiser ou au contraire, de prendre de l’essor ? Les
fanatiques de l’Armageddon [voir note en fin d’article]
réclament-ils la fin du monde et le Second Avènement du Christ,
dans la guerre d'Armageddon censée tuer deux milliards de gens,
transformant les USA en un asile de fous dont les pensionnaires auraient pris
le pouvoir ?
Il y a, en effet, pas moins de 30 millions
d’Armageddonites
usaméricains – dix pour cent de la population – membres pour
la plupart du mouvement fondamentaliste religieux évangélique,
auquel GWB adhère en tant que chrétien évangélique
né à nouveau, et à qui il emprunte son langage religieux
pour défendre sa politique. (Dans les élections de 2004,
les sondages de sortie des urnes ont montré que plus des trois quarts
des Chrétiens évangéliques blancs avaient voté pour
le Président Bush.) Beaucoup parmi les évangélistes sont
connus pour nourrir l'idée folle que si le scénario de fin du
monde de leurs prédicateurs devait s’accomplir, ils seraient
« ravis » (au sens propre, c’est—dire enlevés,
NDT) et entreraient au « Ciel », sans passer par le «
Jugement Dernier ». Depuis, les chefs de ce mouvement sont fréquemment
invités à la Maison Blanche pour des sessions politiques à
huis clos, et comme beaucoup de membres du Congrès assistent à
leurs réunions, il se pourrait qu’il ne soit pas insensé
après tout de regarder ce que ces personnages délirants ont comme
projets en magasin pour le monde.
Ce qui est effrayant est la convergence
apparente d'intérêts entre les pro-israëliens et les
néo-conservateurs pro-guerre aux USA, le Parti Républicain et ses
fortunes électorales liées à ses guerres, et les radicaux
religieux qui réclament publiquement une confrontation avec l'Iran comme
condition préalable nécessaire à leur Armageddon. Quand un
fanatique religieux a tenu une grande réunion à Washington, le 18
juillet 2006, pour lancer un mouvement de guerre de Sionistes Chrétiens
en faveur d'Israël et contre l'Iran, le mouvement « Christians
United for Israel »
(Chrétiens unis pour Israël), le Président George W. Bush ne
dénonça pas une telle obsession folle pour la fin du monde, mais
au contraire envoya un message de soutien. Leur disant, « Dieu…
bénit et se tient aux côtés du peuple d'Israël
et… bénit les USA. »
En plus de cela, le Président du Republican
National Committee, Ken
Mehlman, lui-même était l'un des orateurs lors de la
réunion. Le dirigeant du groupe, le Texan John Hagee, proposa que les
Etats-Unis s’unissent à Israël dans une frappe militaire
préventive contre l'Iran pour accomplir le « plan de Dieu »
pour Israël et l'Occident. Des politiciens républicains, tels que
le Sénateur Sam Brownback (Républicain du Kansas), le Sénateur
Rick Santorum (Rép. de Pennsylvanie) et Tom Delay (Rép. du
Texas), participaient. Etaient aussi parmi les invités l'ambassadeur
israélien, Daniel Ayalon, et le Général Moshe Yaalon, chef
en retraite de la Défense israélienne. N'est-il pas vrai que la
réalité dépasse la fiction, quand des radicaux religieux
usaméricains et des généraux étrangers se
réunissent pour s'associer dans une guerre religieuse ?
Ce qui est aussi inquiétant, c’est que
George W. Bush et certains des principaux Républicains semblent
écouter des gens religieux dérangés qui, s'ils en avaient
les moyens, pourraient nous précipiter dans une guerre mondiale et une
dépression économique globale, simplement pour réaliser
leurs fantasmes religieux. Considérant que la politique de
l'administration Bush-Cheney inspirées par les néo-conservateurs
sont vues par beaucoup comme étant régies par un amalgame «
d’impulsion et de divagation », le monde ne devrait-il pas
s’inquiéter ? En effet, le magazine Newsweek a signalé récemment que le Président George W. Bush
est un homme qui « fait toujours confiance à ses tripes pour
savoir ce qui est juste
», plutôt que de compter sur le conseil de professionnels,
l'analyse logique, l'évidence factuelle et l'expérience, pour
tirer des conclusions. Naturellement, dans un tel environnement d'improvisation
constante, tout est possible.
En particulier, on ne devrait pas écarter
l'influence que la pensée religieuse et le mouvement politique de la
droite religieuse ont sur les décisions de Bush. En effet, quelle a
été l'influence de la droite religieuse sur la politique
étrangère de l'administration Bush-Cheney,
particulièrement pour le Moyen-Orient ? Par exemple, se pourrait-il que
les croyances religieuses de Bush soient derrière son annonce du 30
janvier 2001, lors de sa première réunion du Conseil national de
sécurité, que désormais la politique usaméricaine
pencherait fortement en faveur d’Israël ? En outre, se pourrait-il
que la raison pour que Bush II ait donné au gouvernement
israélien d'Ehud Olmert un tel soutien inconditionnel et sans critique
et un chèque en blanc total, pour réprimer les Palestiniens de
Gaza et pour attaquer et bombarder le Liban, soit fondée sur le soutien
de la droite religieuse à une telle politique ? George W. Bush
écoute-t-il le télévangéliste Pat Robertson, quand
ce fanatique aux yeux fous encourage Israël à détruire le
Liban parce que « Les juifs sont le peuple élu de Dieu.
Israël est une nation spéciale qui a une place particulière
dans le cœur de Dieu. Il défendra cette nation » ?
Dans le passé, quelques chefs religieux, de la
frange d’extrême droite, ont aussi débattu pour mêler
un dangereux cocktail de religion et de politique. Certains d’entre eux
n'hésitèrent pas à réclamer l'anéantissement
nucléaire de l'Union Soviétique entière, parce qu'on
pensait que c’était un empire communiste athée. Ceci
démontre, si besoin est, que les armements sans moralité ou sans
loi font l’anarchie et les désastres. En 1948, par exemple, un
prédicateur évangéliste belliqueux et délirant du
New Jersey, le Révérend Karl McIntire, est devenu célèbre
quand il proposa dans une émission radio que les USA effectuent une
attaque nucléaire « préventive » contre l'Union
Soviétique. McIntire, un fondamentaliste religieux, fondateur de la Bible
Presbyterian Church
(Église presbytérienne biblique), fut persuadé qu'une
hécatombe nucléaire mondiale était nécessaire pour
« purifier » le monde des pays communistes. Il croyait qu'aucun
pays ne devrait avoir un système différent de son propre modèle
religieux, quel qu’en soit le coût. A cette époque, de
telles personnes délirantes étaient rares et isolées.
De nos jours, les successeurs de McIntire sont les
Falwell, les Robertson, les Hagee, etc. de ce monde. Ils sont beaucoup plus
riches et plus puissants que par le passé, grâce à leur
statut religieux exempt d'impôt et grâce à la
libéralisation sous l’ère Reagan des règles
régissant l'utilisation des médias comme outils de propagande
à sens unique. En raison de cela, ils sont assidûment courtisés
par les politiciens de l’extrême droite et sont reçus avec
plaisir à la Maison Blanche, où ils trouvent une oreille
complaisante.
Après avoir perdu l’outil du combat
anticommuniste comme technique de collecte de fonds, la nouvelle droite
chrétienne semble avoir trouvé une autre manière de
soulever la crainte et les passions tout en se renflouant. Sa nouvelle croisade
s’est dirigée contre le « faux dieu » du monde
Islamique et est fanatiquement en faveur d’Israël, quoi qu'il
fasse, et contre les Palestiniens et les pays musulmans du Moyen-Orient,
quelles que soient leurs souffrances. Ils disent avoir la « mission
» prophétisée dans la Bible de sauver Israël des
Musulmans et pour proposer une nouvelle « croisade »
énergique contre eux, n'hésitant pas dans ce but à appeler
au déchaînement unilatéral de la puissance militaire US
dans la région. Selon les mots apocalyptiques de John Hagee, l’un
de leurs chefs les plus délirant, « Nous courons vers la fin
des temps,… Israël est la seule nation créée par un
acte souverain de Dieu, et Il a juré par Sa sainteté de
défendre Jérusalem, Sa Ville Sainte. Si Dieu a créé
et défend Israël, ces nations qui luttent contre lui combattent
contre Dieu. »
Personne n’est plus féroce que celui qui
tue avec un zèle religieux. C’est là où en est
arrivé le monde à l’été 2006, un
été qui peut ou non être une réplique de
l'été 1914 ou de l'été 1939.
Dans les années 30, beaucoup de gens
n’ont pas tenu compte des Allemands Nazis, ce qu’ils ont ensuite
amèrement regretté. Ils pensaient que les Nazis étaient
quelque peu extrémistes, mais qu'ils étaient aussi de bons
Chrétiens, de bons conservateurs et de bons patriotes. Exactement comme
les partisans de la droite religieuse aujourd'hui, Adolf Hitler déclara
qu'il considérait le « Christianisme comme la fondation de
notre moralité nationale, et la famille comme base de la vie nationale.
» En fait,
l’extrême droite en Allemagne se composait d’enragés
militaristes pro-guerre, et ils étaient dangereux dès le
début. Des dizaines de millions de gens sont morts à cause
d’eux.
L'amalgame de la bigoterie belliqueuse et de la
politique simpliste crée une menace que beaucoup n'ont pas
entièrement réalisée. Ceux qui actuellement se
délectent de la bigoterie politique de Bush et de son flirt avec ceux
qui avancent des scénarios de fin du monde devraient se rendre compte
que parfois, les idées folles peuvent mener aux politiques folles. Les
gens devraient se préparer. Rien n’indique que les politiciens
ineptes, ignorants, incompétents et affamés de pouvoir, ne
puissent pas s'avérer être aussi des politiciens fous.
Note:
Armageddon (de l'hébreu: ?????, signifiant
« montagne de Megiddo »), terme biblique admis sous
différentes orthographes en français (Har-Maguédon,
Harmaguédon, Har-Meguiddon ou encore Har-Maguédôn), est un
lieu symbolique mentionné dans le Nouveau Testament.
Ce terme n'apparaît qu'une fois dans la
Bible dans le livre de l'Apocalypse au chapitre 16, verset 16 et en parle comme
d'un événement futur à venir. Le « rassemblement des
rois de la Terre » annoncé en ce lieu est un résultat du
déversement des sixième et septième bols contenant les
dernières plaies qui mèneront à son terme « la
fureur de Dieu » (chapitre 6 verset 12).
Il s'agit d'après le contexte d'un lieu
symbolique du combat final entre le Bien et le Mal, d'où l'usage
fréquent de ce mot pour désigner les éventuels
événements de la fin des temps ou de catastrophes d'ampleur planétaire.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Armageddon
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Original : http://www.TheNewAmericanEmpire.com/blog.html
L’auteur est professeur émérite de
sciences économiques à l'Université de Montréal.
C'est un ancien président de la North American Economics and Finance
Association, et un ex-président de la Société canadienne
d'économique. Il a été aussi vice-président de
l'Association internationale des économistes de langue française
(AIELF). Il a reçu en 2004 le Prix Condorcet de philosophie politique.
En politique, M. Tremblay a été député du
comté de Gouin, à Montréal, de 1976 à 1981, et a
été ministre de l’Industrie et du Commerce dans le
gouvernement du Québec (1976-1979).
Le professeur TREMBLAY a publié 27 livres, la
plupart portant sur des questions économiques et financières,
mais certains traitant aussi de questions morales et politiques.
Consultez le nouveau blogue international du professeur Tremblay
à l'adresse suivante: http://www.TheNewAmericanEmpire.com/blog.html
Courriel : rodrigue.tremblay@umontreal.ca
Traduit de l’anglais par
Pétrus Lombard, membre associé, et révisé par
Fausto Giudice, membre de Tlaxcala
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