N. B: Lisez
des extraits en français ou en anglais du prochain livre du professeur
Rodrigue Tremblay :
Le code pour une éthique
globale
www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com/
The Code for Global Ethics
par Rodrigue Tremblay, lundi, le 2
juin, 2008
«Je
crois que le peuple irakien nous accueillira comme des
libérateurs."
Sénateur
John McCain, (le 20 mars,
2003)
« Comme
vous le savez, il y a des membres d'Al-Qaida qui sont en Iran et qui
reçoivent une formation militaire, et ils retournent ensuite en
Iraq. »
Sénateur
John McCain, 2008 candidat présidentiel présomptif
républicain, (À Amman, en Jordanie, le 18 mars, 2008)
«
L'Iran est de toute évidence en train de se doter d'armes
nucléaires. ... En bout de ligne, nous ne pouvons pas laisser l'Iran
avoir l'arme nucléaire. »
Sénateur
John McCain
« Toute
personne qui s'inquiète de combien de temps nous [les Etats-Unis] resterons en Iraq ne
comprend pas les militaires. »
Sénateur
John McCain
« Avec
John McCain, [Dick] Cheney
fera penser à Gandhi. »
Pat Buchanan,
journaliste et homme politique
« McCain
était un pilote de chasse, qui a largué des missiles à 35000
pieds d'altitude. Il était loin depuis longtemps quand ils ont
frappé leurs cibles. Que s'est-il passé quand ils [les missiles] sont arrivés
à terre ? Il ne le sait pas. On doit se soucier de la vie des gens.
McCain ne s'interroge jamais sur ces questions. »
Le
sénateur Jay Rockefeller (D. W.Va.)
Plusieurs m'écrivent pour me demander
mon avis sur la présente fournée de candidats à
l'élection présidentielle aux États-Unis. - Tout d'abord,
permettez-moi de faire une observation générale. Le
système électoral américain, tout particulièrement
au niveau présidentiel, est inhumain et inefficace. Il s'agit d'un
énorme et terrible hache-viande qui oblige les candidats à faire
campagne pendant des mois, sinon des années, dans le cadre de primaires
ou caucus qui sont tenus dans les 50 États et Territoires, les force
à quêter des dizaines et même des centaines de millions de
dollars et à voir leur vie privée exposée et
critiquée. On comprendra qu'avec un tel système, il n'est pas
étonnant que peu d'Américains doués d'une grande
intelligence et de caractère soient disposés à se
soumettre à une telle épreuve. Vous ne trouverez pas de grandes
personnalités du calibre d'Abraham Lincoln, Franklin D. Roosevelt,
Dwight Eisenhower ou John F. Kennedy, même si les candidats les plus
“cervelle fêlée”, ont été
écartés. Les candidats restants ne sont pas le meilleur de ce que
l'Amérique peut offrir et s'offrir.
Permettez-moi de
débuter par une appréciation du candidat présidentiel
républicain présomptif, le sénateur John McCain
(R-AZ). Dans l'ensemble, ma conclusion est relativement
négative.
Du
côté positif, le sénateur McCain s'est construit une
réputation d'indépendance au Sénat américain,
à tel point qu'il est souvent considéré comme un
franc-tireur. À titre d'exemple, le sénateur McCain a
froissé de nombreux républicains en soutenant les politiques de
réforme des finances électorales, en dénonçant la
politique de torture de l'administration Bush-Cheney et même en
critiquant au début la manière dont l'administration Bush-Cheney
a lancé la guerre en Irak. Sur ce dernier point, toutefois, on peut dire
que le sénateur McCain a reculé et il s'est par la suite
aligné plus étroitement avec la Maison-Blanche sous
contrôle républicain.
Sur la question
de la torture, le sénateur McCain a promis de mettre la clé dans
le Centre de détention militaire à Guantanamo Bay, sur
l'Île de Cuba. Il a aussi déclaré qu'il allait s'engager
plus activement dans les négociations internationales sur les
problèmes climatiques (pour autant que la Chine et l'Inde acceptent des
réductions des émissions polluantes). On peut également
affirmé que le sénateur McCain n'est pas ce que l'on pourrait
appeler un candidat "religieux", et je doute fort qu'il tienne des
sessions bibliques hebdomadaires comme on dit que George W. Bush en tenait dans
l'enceinte de la Maison-Blanche. Ces différences avec l'administration
actuelle sont peut-être mineures, mais je pense qu'elles sont
réelles.
Du
côté négatif, toutefois, les sujets sur lesquels le
sénateur McCain est d'accord avec le président George W. Bush et le
Vice President Dick Cheney sont beaucoup plus nombreux et beaucoup plus
importants. Sur la plupart des questions importantes, ce serait avec John
McCain "du pareil au même". C'est la raison pour laquelle le
Président George W. Bush s'est déclaré disposé
à faire tout en son pourvoir pour que le sénateur John McCain
soit élu président. Il a dit qu'il s'emploiera à recueillir
des fonds pour le candidat républicain. Bush sait
pertinemment bien qu'avec McCain à la présidence, ce serait comme
un troisième mandat pour sa propre présidence
décriée. En effet, tous ceux qui ont aimé ce que Bush a
fait ou défait au cours des huit dernières années
devraient voter pour McCain sans grande crainte d'être
déçus. En particulier, c'est une personne reconnue pour son militarisme
et son caractère belliqueux.
En contre-partie,
ceux qui se sont sentis trahis ou ont été victimes de
l'administration Bush-Cheney, et cela inclut les 81 pour cent
d'Américains qui pensent que leur pays est sur la
mauvaise voie, devraient réfléchir à deux fois
avant de prolonger un jour de plus que nécessaire la présidence
désastreuse de George Bush.
Approfondissons
un peu plus la question.
D'une part, on
peut s'attendre à ce que le sénateur McCain, comme un
commentateur en a fait la remarque, se comporte comme une sorte de George W.
Bush sur les stéroïdes. Certains vont même
jusqu'à le décrire comme un candidat qui aspire à devenir
un président
“McBush”, parce que beaucoup de des politiques qu'il met
de l'avant sont une réplique des politiques de Bush. Par exemple, le
sénateur McCain est partisan de la théorie
de la présidence impériale, mise de l'avant et mise en
pratique ces derniers temps par l'administration Bush-Cheney. Comme McCain l'a
confirmé le 5 mai dernier, il faut s'attendre, s'il est élu
président, à ce qu'il abandonne avec enthousiasme toute retenue
en ce qui concerne les restrictions que la Constitution américaine
impose au pouvoir exécutif et fasse sienne la doctrine Bush-Cheney d'un
pouvoir exécutif quasi absolu.
Le
sénateur McCain semble particulièrement préoccupé
par la crainte que les tribunaux s'en tiennent à la lettre et à
l'esprit de la Constitution américaine et repoussent toute tentative de la part de la
Présidence d'établir une dictature de fait aux dépens des
prérogatives du Congrès. De l'avis de McCain, le pouvoir
exécutif aux États-Unis est déjà trop
contraint par les cours de justice, lesquelles, à ses dires, "montrent peu de respect pour l'autorité
du président."
Sur cette question, toutefois, le sénateur McCain semble vouloir
à la fois le beurre et l'argent du beurre. Est-il sincère ou
est-ce uniquement un moyen de créer de la confusion ? Par exemple, le 15
mai dernier, le sénateur de l'Arizona a tenté de prendre ses
distances de l'administration Bush-Cheney et a déclaré qu'il
acceptait maintenant le concept constitutionnel de “checks and
balances” (contrôle et équilibre). Quel est le
véritable McCain ? De toute évidence, des
éclaircissements additionnels s'imposent.
Deuxièmement,
en matière de politique étrangère plus qu'en tout autre
domaine, on peut s'attendre à ce que McCain soit une sorte de
“McBush”. On doit s'attendre à ce qu'il soit un
mélange d'un George W. Bush simpliste et d'un Dick Cheney farouchement
nationaliste et interventionniste, les deux derniers toujours prêts
à bombarder des gens d'une façon immorale et à se poser
des questions plus tard. Le sénateur McCain se dit prêt à
continuer la politique étrangère insensée de
l'administration Bush-Cheney. Par conséquent, on ne devrait guère
s'attendre à ce que les politiques d'une administration McCain soient
très différentes de ce que ce duo a fait au cours des huit
dernières années, c'est-à-dire la poursuite d'une
politique avant tout axée sur l'interventionnisme,
l'unilatéralisme et le militarisme. Sous McCain, les États-Unis
continueraient à se comporter comme le voyou de la planète.
Il en
résulterait plus d'instabilité géopolitique à
l'échelle planétaire, plus d'endettement extérieur pour
les États-Unis, et plus de perturbations économiques dans le
commerce international, en particulier en ce qui concerne le pétrole et
les produits de base. Il y aura un prix économique élevé
à payer sous une présidence américaine à la McCain,
il ne faut pas s'y tromper. Le ralentissement économique actuel n'est
peut-être qu'un avant-goût de ce qui attend l'économie
mondiale.
En effet,
à l'écouter, on a le sentiment que le
sénateur McCain
n'a jamais rencontré une guerre qu'il n'aimait pas. Par exemple, s'il
n'en tenait qu'à lui, les soldats américains seraient encore au
Vietnam, pays qu'il a bombardé quand il était pilote de chasse
dans les années '60. Il a également déclaré qu'il
aimerait intervenir encore plus directement dans les affaires des pays de
l'Amérique du Sud. Et, au Moyen-Orient, il a confié qu'il ne lui
répugnerait pas que l'occupation militaire américaine
là-bas s'étende sur une période de cent ans.
À ses yeux, l'Irak est devenue une colonie américaine pour
toujours, de sorte qu'il en résultera un climat de guerre
permanente et d'occupation militaire permanente dans cette partie du
monde. En 1999, le sénateur McCain a même fait pression sur
l'administration Clinton pour que les États-Unis envahissent la
Yougoslavie avec des troupes au sol. Les pères fondateurs des
États-Unis se retourneraient dans leurs tombes s'ils pouvaient voir leur
chère république transformée en un empire militariste!
En
troisième lieu, le sénateur McCain ne semble pas connaître
ou respecter le droit
international. En effet, non seulement le sénateur McCain
semble constamment confondre les sunnites et les chiites en Irak, après
toutes ces années, mais il semble être complètement perdu
sur la véritable signification de l'expression de la guerre dite
“préventive” et celle de la guerre de caractère
essentiellement “défensif”. Une guerre de type
défensif peut
être une mesure de légitime défense, entreprise contre un
autre pays qui constitue une menace inévitable et imminente parce qu'il
est sur le point d'envahir notre pays, ou parce qu'il menace d'attaquer dans un
avenir rapproché. Une guerre préventive est plutôt une guerre facultative ou
une guerre d'agression qui est lancée en prévision d'une perte de
sécurité ou d'un avantage stratégique dans un avenir plus
ou moins lointain, ou qui est lancée pour acquérir des
territoires étrangers et des ressources. Si une guerre défensive
relève de la légitime défense, une guerre
préventive est fondamentalement impérialiste. Dans les mots
qu'emploie le sénateur McCain, les deux notions sont confondues car il
dit qu'il n'exclurait pas de lancer des guerres préventives contre des
ennemis éventuels qui ne constitueraient pas des menaces
immédiates pour les États-Unis. Il s'agirait alors de guerres
d'agression et non pas de guerres défensives.
Une guerre
défensive peut parfois être légale et justifiable, et
être en conformité avec l'article 51 de la Charte des
Nations Unies. Cependant, une guerre préventive constitue un
acte d'agression, et n'est jamais légale en droit international.
Quatrièmement,
il semble que M. McCain est un homme qui nourrit de la rancoeur, ce qui fait
également penser à George W. Bush, et ce qui fait de lui un homme
dangereux en qui il serait dangereux de confier la gourverne d'un pays
lourdement armé comme les États-Unis. Par exemple, il garde des
souvenirs amers de son expérience de pilote de chasse et de prisonnier
de guerre pendant la guerre du Vietnam. Quelque cinquante ans plus tard, McCain
dit qu'il aimerait aller à Cuba pour «punir» les soldats
cubains qui auraient, à ses dires, maltraité ses compagnons
d'armes. Le gouvernement cubain a déclaré qu'il n'y avait pas de
soldats cubains au Vietnam, mais McCain garde quand même de la rancune.
Un autre
parallèle peu flatteur avec M. Bush est le fait que M. McCain, qui aura
72 ans en août de cette année, a fréquenté
l'Académie navale d'Annapolis où il s'est classé
près de la queue de sa classe, finissant 894e sur 899 élèves.
Ainsi, on ne doit guère s'attendre à que le sénateur
McCain soit une sorte de " président philosophe" et il devrait
gouverner avec ses tripes plutôt qu'avec son intelligence.
Cinquièmement,
le sénateur McCain est un candidat néoconservateur. En effet, le
Lobby pro-Israël et les Néocons, c'est-à-dire la petite
clique d'idéologues peu futés qui ont murmuré des conseils
à l'oreille de George W. Bush pendant des années, et qui ont
commencé à murmurer dans l'oreille de
McCain, seraient ravis d'avoir un ancien militaire belliqueux en la
personne de McCain à la Maison-Blanche. Ce serait pour eux un rêve
devenu réalité. Cela accroîtrait grandement les chances de
réalisation de leur projet chéri d'une guerre contre l'Iran.
Le
sénateur McCain est né sur une base militaire américaine
dans un pays étranger (Panama), et il est le fils et petit-fils de
militaire de carrière. Ceci peut expliquer pourquoi il est épris
de tout ce qui est militaire. C'est un homme qui croit qu'il y a une solution
militaire à tout problème politique. Il devrait faire sienne la
“doctrine Bush” d'inspiration nécoconservatrice. Il
adopterait également le projet néo-impérialiste
d'extrême droite, appelé projet du nouveau siècle
américain (PNAC) qui propose une domination américaine mondiale.
Armé de ces deux "doctrines", le sénateur McCain, s'il
est élu président, pourrait donc se lancer dans des guerres
d'agression illégales à travers le monde pour assurer la
suprématie américaine. Ceux qui ont aimé George W. Bush
vont adorer John McCain. Ils auront tous les feux d'artifice et plus encore.
Est-ce qu'une telle approche belliqueuse est bonne pour les États-Unis,
pour son économie et pour sa réputation, et pour la
stabilité du monde ? C'est une tout autre question.
Sixièmement,
un John McCain à titre de président serait un cadeau du ciel pour
le complexe militaro-industriel américain. Il est facile de voir
pourquoi. —En effet, le sénateur McCain a promis d'augmenter la
taille des forces armées américaines, pour les faire passer de
750 000 qu'elles ont présentement à 900 000 membres. Sous sa
gouvernance, le budget militaire du Pentagone, déjà
pléthorique à un point d'être plus grand que les
dépenses militaires de l'ensemble des 191 autres pays tous confondus,
augmenterait encore davantage. Un autre signal de danger vient du fait que
McCain s'est entouré d'une foule de gens qui proviennent des groupes de
pression d'extrême droite. Cela signifie que si jamais il est
élu, il sera prisonnier de ces éléments d'extrême
droite. Ce n'est guère une perspective encourageante.
Septièmement,
le sénateur John McCain a appuyé George W. Bush lorsque ce
dernier décida d'accorder d'énormes réductions fiscales
aux contribuables les plus riches. Une telle mesure a fortement
contribué à creuser le déficit budgétaire
américain et a placé les États-Unis dans sa position
actuelle de surendettement extérieur et de crise financière, avec
une monnaie qui ne cesse de se déprécier. Ce n'est pas
étonnant que George W. Bush soutienne avec enthousiasme le candidat John
McCain, bien qu'un tel soutien pourrait s'avérer être une arme
à double tranchant, puisque Bush est au plus bas de sa
popularité, et alors qu'une grande majorité des Américains
pensent que leur pays s'en va dans la mauvaise direction.
Huitièmement,
il ne faut pas passer sous silence le caractère soupe au lait de McCain.
C'est un homme qui est reconnu, et cela depuis sa tendre enfance, être
sujet à de brusques et incontrôlables crises de colère. Son
biographe Robert Timberg ("John McCain: An American Odyssey") a dévoilé que jusqu'à
la vingtaine, McCain fut un individu extrêmement violent,
"prêt à se battre à la moindre provocation".
Cette propension à la colère semble être au cœur de sa
personnalité. En effet, parlant de son enfance, McCain a reconnu avoir
un tempérament soupe au lait et une grande impatience (voir ses
mémoires “Worth the Fighting for: A
Memoir”) et il confessa que,
jeune "à la plus petite provocation, j'entrais dans une folle
frénésie, et, soudain, je m'écrasais au sol inconscient. Lorsque j'étais en
colère, je retenais mon souffle jusqu'à ce que je tombe
inconscient ! "
Par après, ses
parents devaient le plonger dans l'eau froide, tout habillé, afin de le
sortir de sa torpeur.
Un homme
doté d'un tel tempérament est un homme dangereux, surtout si on
songe lui confier la garde d'armes nucléaires. Même certains de
ses collègues sénateurs républicains disent qu'il est trop
téméraire pour être commandant en chef. Et cela, sans
prendre en considération ses prises de position militaristes et
agressives en matière de politique étrangère et son manque
flagrant de connaissances en matière économique.
Neuvièmement,
il y a aussi la question légitime de son âge avancé et son
état de santé personnelle. Le journal 'The New York Times' s'est
récemment plaint d'un manque d'informations médicales sur le
candidat républicain présomptif à la présidence et
combien peu on en savait sur son état de santé. Après
tout, ce n'est pas une mince affaire, car le sénateur McCain aura 72 ans
en août (2008) et il a subi une intervention chirurgicale en août
2000 pour un cancer du mélanome, soit un des cancers les plus
meurtriers. Un rapport publié récemment sur l'état de
santé de McCain n'a pas dissipé les craintes que plusieurs
entretiennent à ce sujet.
Et dix. Puisque
les médias ont critiqué le
sénateur Barak Obama pour les liens étroits qu'il
entretenait avec un ministre du culte noir, il est intéressant de noter
que le sénateur John McCain a également reçu l'appui d'un
des pires fanatiques religieux aux États-Unis, soit le
révérend John Hagee du Texas, reconnu pour ses propos anti-catholiques
et anti-musulmans. Il faut savoir que le télévangéliste du
Texas (à la tête d'une église géante à San
Antonio) a déjà déclaré que l'ouragan Katrina de
l'été 2005 était une vengeance de Dieu contre la ville de
la Nouvelle-Orléans. Il a également déjà appelé
l'Église catholique romaine une "grande prostituée" et
l'a qualifiée de "faux culte" et "d'Église
apostate.” (Il y a quelque 60 millions de catholiques aux
États-Unis et ceux-ci pourraient voir d'un mauvais oeil de telles
insinuations.) Et, pour en rajouter, le révérend Hagee a
également déclaré que Dieu avait envoyé [Adolf]
Hitler pour qu'il commette le génocide de l'Holocauste afin de forcer
les juifs à immigrer en Israël!
Par
conséquent, il est certainement légitime de se demander pourquoi
les médias ont accordé autant d'attention à l'association
du sénateur Barack Obama avec un pasteur controversé, et si peu
à celle du sénateur McCain avec un autre pasteur tout aussi,
sinon plus controversé. Doit-on voir là un exemple de deux poids,
deux mesures ?
Pour conclure,
lorsqu'on regarde les choses de près, il semble clair que le
sénateur "100 ans" John McCain est un personnage trop
dangereux et trop imprévisible pour se voir confier la présidence
d'un pays aussi lourdement armé que les États-Unis. Est-ce que
les Américains souhaitent vraiment voir un homme que certains appellent
"le sénateur Tête Chaude», devenir "le
Président Tête Chaude " et lui confier d'aussi importantes
responsabilités ? Espérons que l'électorat
américain saura réfléchir suffisamment à tout cela
avant que les événements ne se déroulent, et non pas
après. Si les Américains croient vraiment que leur pays fait
présentement fausse route, est-t-il vraiment logique de soutenir un
candidat qui veut aller encore plus loin dans la même direction ?
Il existe de
nombreuses autres questions qui se rapportent au candidat McCain, mais dont les
médias ne font pas de cas.
Par exemple, il
faut souligner que le sénateur McCain est toujours opposé
à toute réglementation publique des grandes entreprises qui ont
dans le passé, et qui continuent aujourd'hui, de soutirer des milliards
de dollars au public américain. Ainsi, le sénateur McCain s'est
récemment opposé à un projet de loi agricole parce que le
projet de loi en question prévoyait une surveillance des contrats
à terme pour les produits énergétiques, un marché
qui permit à la célèbre Cie Enron de manipuler les prix de
l'électricité en Californie, au cours de l'été de
2001, soutirant ainsi aux résidents californiens des centaines de
millions de dollars.
Il faut se
rappeler également qu'il y a environ vingt ans, le sénateur
McCain fut accusé de corruption après qu'il fut
dévoilé qu'il avait été fortement impliqué
dans le scandale des caisses d'économie et de prêts. En effet,
McCain et quatre autres sénateurs étaient intervenu pour
empêcher qu'un organisme public de réglementation (le Federal Home
Loan Bank Board) supervise des prêts risqués avancés par
des institutions prêteuses, telles la Lincoln Savings and Loan
Association de Irvine en Californie.
En effet, le
sénateur McCain et les quatre autres sénateurs (appelés
les cinq de Keating : John McCain, John Glenn, Alan Cranston, Don Riegle,
et Dennis
DeConcini) avaient reçu $ 1,3 millions en contributions
électorales du président Charles Keating de la Lincoln Savings
and Loan Association. —Le sénateur McCain fut
réprimandé par un Comité sénatorial sur
l'éthique pour avoir
"manqué de jugement" en intervenant auprès des
instances réglementaires du gouvernements fédéral en
faveur de M. Keating. Les quatre autres sénateurs ont depuis
quitté la politique, mais le sénateur McCain est encore
très actif et il est le candidat républicain
présomptif à l'élection présidentielle
américaine de novembre 2008.
Il faut aussi
garder à l'esprit que le sénateur McCain a été un
des plus ardents supporteurs de la guerre de George Bush contre l'Irak. En
effet, le sénateur John McCain est celui-là même qui a
donné la réplique au sénateur Robert Byrd quand ce dernier
prononça sa magistrale dénonciation de la guerre de Bush, le 19
mars, 2003. Par conséquent, ceux qui se sont opposés à la
guerre en Irak ne peuvent pas voter pour McCain, à moins de trahir leur
conscience. Par contre, ceux qui aiment les guerres d'agression devraient voter
pour le candidat McCain.
Ils sont nombreux les squelettes politiques dans le
placard du sénateur McCain. Si seulement les médias faisaient
mieux leur travail, l'électorat américain serait mieux
renseigné avant de songer à voter pour lui. Malheureusement, cela
ne semble pas être le cas.
Rodrigue
Tremblay est professeur
émérite de sciences économiques à
l'Université de Montréal et peut être rejoint à
l'adresse suivante:
Visitez son
blogue à l'adresse suivante: www.thenewamericanempire.com/blog.
Site de
l'auteur: www.thenewamericanempire.com/
On peut prendre
connaissance du prochain livre du professeur Tremblay ´ "Le Code pour une
éthique globale": www.TheCodeForGlobalEthics.com/
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