N. B: Lisez
des extraits en français ou en anglais du prochain livre du professeur
Rodrigue Tremblay :
Le code pour une éthique
globale
www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com/
The Code for Global Ethics
Dans une mentalité de casino, l'économie va de bulle en bulle
[US]
« la stratégie doit d'abord avoir pour objectif de supprimer le
régime de Saddam Hussein du pouvoir ». ... [Il doit absolument
être supprimé pour] « la sécurité du monde
dans la première partie du 21ème siècle » et pour
« la sécurité des troupes US dans la région, de nos
amis et de nos alliés tels qu'Israël et les États arabes
modéré de même que pour cette importante région en
réserves mondiales de pétrole. »
Lettre
adressée par les Néocons au Président Bill Clinton, le 26
janvier 1998
[À
propos des Irakiens] « S'ils s'en remettent à leurs radars,
nous allons faire sauter leurs foutus missiles. Ils savent que nous
possédons leur pays. Nous possédons leur espace aérien ...
Nous leur dictons leur façon de vivre et de parler. Et c'est justement
ce qui fait que les États-Unis sont si grands en ce moment. C'est une
bonne chose, surtout parce qu'il y a beaucoup de pétrole là-bas
dont nous avons besoin. »
Le
brigadier général William Looney de l'US Air Force, chef des
opérations aériennes américano-britanniques au sud du 32e
parallèle du territoire irakien (zones d'exclusion aérienne),
entretien reproduit dans le Washington Post, le 30 août 1999,
[cité dans le livre de William Blum, Rogue State, Common Courage Press,
2005, p. 159]
«
Concentrez vos opérations sur le pétrole, en particulier en Iraq
et dans le Golfe, comme si cela signifiait la mort [de l'Occident]. »
Osama
bin Laden, Décembre 2004
«
Les prix vertigineux du pétrole n'ont aucun lien avec la production ou
avec la consommation, ... [C'est] à cause de la diminution de la valeur du
dollar. »
Mahmoud
Ahmadinejad, le président de l'Iran, avril 2008
L'économie des
États-Unis semble passer d'une bulle à l'autre. En 2000,
c'était la bulle technologique. En 2005, c'était la bulle
immobilière. Aujourd'hui, c'est la bulle du pétrole et des
produits de base. En fait, l'ensemble des secteurs de l'investissement n'est
désormais qu'un gigantesque casino où les spéculateurs
sont les maîtres et où les gouvernements font semblant de ne rien
voir. Pour de nombreux produits de première nécessité
(tels que le riz, le blé et le maïs) de même que pour les
produits de base (tels que le pétrole, le gaz et les métaux), les
prix auxquels ils sont
négociés ne reflètent pas leur valeur réelle. Dans
la plupart des cas, ces hausses de prix sont engendrées par de mauvaises
pratiques et par la technique pyramidale « du plus grand imbécile
» grâce à laquelle de grands spéculateurs ayant leur
place d'affaire dans des paradis fiscaux, jouent à la roulette avec des produits dérivés non
règlementés dans le but de faire augmenter toujours plus les prix
et ce, jusqu'à ce que la bulle éclate. De nombreux
événements s'ensuivent de ce qui se joue sur les marchés
financiers et la vie de plusieurs personnes peut être mise en danger,
voire même détruite. La famine actuelle qui se vit dans de
nombreux pays est le résultat de cette manipulation des marchés
qui est approuvée par ces gouvernements, par l'OPEP et par une foule
d'autres cartels de même que par ceux que l'on connaît sous le nom
de « Hedge Funds » ou de « fonds
spéculatifs à levier. »
Est-il
possible pour une économie de croître et de prospérer sans
pour autant toujours devoir se retrouver au sommet d'une montagne russe? En
effet, est-ce que l'actuelle flambée des prix du pétrole et des
produits de base sont le réel reflet d'un changement de l'offre et de la
demande, telle une diminution de l'approvisionnement, ou est-ce plutôt,
voire même principalement, le résultat de facteurs
géopolitiques et de spéculations financières qui
alimentent toujours de plus en plus une demande artificielle insatiable?
Je
crois que l'effondrement de la valeur du dollar US a de graves
conséquences économiques imprévues involontaires
partout dans le monde. En effet, la brusque dévaluation de la plus
répandue et de la plus importante monnaie de réserve est la cause
de ce transfert des titres libellés en dollars vers des actifs
tangibles, tels que le pétrole, l'or et autres produits de base. Les
banques centrales, les entreprises et les individus perdent tous confiance
envers la monnaie papier US, une monnaie qui s'est rapidement
dépréciée face aux autres devises et dont la valeur
intrinsèque devrait s'éroder encore davantage par
l'arrivée de l'inflation qui suivra inévitablement l'actuelle
augmentation de la masse monétaire créée par la Fed. Tous
ces problèmes sont reliés entre eux.
Rappelons-nous
que la problématique du pétrole aux États-Unis est en
grande partie attribuable au gouvernement lui-même lorsqu'il a fait le
choix de s'éloigner d'une économie fondée sur
l'autosuffisance et sur l'énergie renouvelable. Par exemple, en 1982 la
consommation quotidienne de pétrole des États-Unis avait
diminuée autour de 9 millions de barils par jour, alors qu'elle se
situait à 14 millions de barils par jour en 1973 au début du choc
pétrolier déclenché par l'OPEP. Étant donné
que les États-Unis produisaient près de 9 millions de barils de
pétrole par jour, nous pouvons dire que l'économie
américaine réussissait, à l'époque, à
répondre à ses propres besoins énergétiques. [Au
début des années 1980], l'administration Reagan a tout chambardé.
C'en était fini des limites de vitesse à 55 miles à
l'heure [90 Kms/h] de même que de l'obligation pour les constructeurs
automobiles d'accroître l'augmentation du kilométrage parcouru par
litre d'essence. Plus aucune restriction, qu'elle soit fiscale ou d'une autre
forme, sur les moteurs énergivores, etc. Pour conséquence, les
États-Unis qui comptent moins de 5% de la population mondiale consomment
25% de la production quotidienne mondiale de pétrole, soit environ 22 millions
de barils par jour pour environ 88 millions de barils produits chaque jour
à travers le monde. Mais voici l'essentiel : 60 % de ce pétrole
[consommé aux USA] doit être importé. Qui plus est, pour
l'ensemble du monde entier, 60% des importations de pétrole proviennent
du Moyen-Orient instable. C'est ce qui s'appelle jouer avec le feu!
Par
conséquent, parce que la quête de pétrole sous
contrôle des États-Unis était un élément
majeur pour l'administration Bush-Cheney lorsqu'ils décidèrent de
lancer une guerre contre l'Irak au printemps 2003, afin de transformer ce pays
souverain en un protectorat pétrolier des États-Unis
administré par quelques grandes compagnies pétrolières
américano-anglaises. Nous pourrions même en déduire que
cette guerre illégale a été ensemencée par l'administration
Reagan. C'est sous Reagan que la philosophie de déréglementation
est devenue généralisée et qu'elle a par la suite
été saluée comme un succès. Mais en contrepartie,
vingt-cinq précieuses années ont été perdues pour
préparer l'économie des États-Unis à cette
époque où le pétrole serait appelé à devenir
une source d'énergie rare. Aujourd'hui, ce moment est arrivé et
ce, même si nous sommes toujours à l'ère des véhicules
de marque Hummer qui ne peuvent fonctionner qu'avec d'importantes et
d'onéreuses et de très risquées importations de
pétrole.
En
effet, aux États-Unis, il y a maintenant en moyenne trois voitures pour
quatre adultes et les voitures sont plus grosses et elles ont des moteurs plus
puissants que n'importe où ailleurs dans le monde. Si seulement quelques
pays où la richesse s'accroît, tels que la Chine et l'Inde,
devaient tenter d'égaler les États-Unis, alors la consommation
mondiale de pétrole ferait plus que doubler. Mais puisque les
réserves connues de pétrole ne pourraient pas répondre
à une demande en plein essor, les prix du pétrole atteindraient
des niveaux astronomiques, écrasant le pouvoir d'achat des consommateurs
tout en faisant augmenter l'inflation. Pour résultat, une grande crise
économique mondiale prendrait place avant que des sources
d'énergie alternatives économiquement viable puissent être
développées.
Cela pourrait nécessiter un ajustement de 10 à 20 ans.
Mais n'y
sommes-nous pas déjà rendus? Si nous n'y sommes pas encore, alors
nous sommes en route vers ce jour tant attendu alors même que par
complicité et par laisser faire, les gouvernements attendent que ne
surviennent un miracle ou une solution magique. Les principales
conséquences seront une hausse de l'inflation, des guerres semblables à
celles du 19e siècle pour s'approprier les ressources, et un
ralentissement économique mondial de la
production et du commerce. Les vingt prochaines années devraient se
révéler intéressantes pour quelques-uns, mais
éprouvantes pour la plupart.
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Rodrigue
Tremblay est un économiste canadien qui vit à Montréal. Il
est professeur émérite à l'Université de
Montréal. Il peut
être joint à rodrigue.tremblay@yahoo.com
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original http://www.thenewamericanempire.com/blog
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Web de l'auteur: http://www.thenewamericanempire.com/
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des extraits de son prochain livre Le Code pour une Éthique Globale
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Traduction
de Dany Quirion pour Alter Info
Publication
originale :
http://www.thenewamericanempire.com/tremblay=1087
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