N. B: Lisez
des extraits du prochain livre
du professeur Rodrigue Tremblay :
www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com
Parution:
janvier 2009
Éditions Liber ISBN: 978-2-89578-173-8
Montréal
par Rodrigue Tremblay, le 9 juillet,
2007
«
Si la Tyrannie et l'Oppression arrivent dans ce pays, ce sera sous
prétexte de combattre un ennemi étranger. »
James
Madison (1751-1836), 4ème président et auteur de la Constitution
US.
«Quand
le fascisme viendra aux Etats-Unis, il s'enveloppera dans le drapeau et portera
la croix.»
Sinclair
Lewis (It Can't Happen Here, 1935).
«
Des évènements malheureux à l'étranger nous
enseignent de nouveau deux simples vérités sur la liberté
d'une peuple démocratique. La première vérité c'est
que la liberté d'une démocratie n'est pas en
sécurité si le peuple tolère le développement d'un
pouvoir privé au point qu'il devienne plus fort que l'état
lui-même. Ceci, par essence, est le fascisme –
propriété du gouvernement par un individu, un groupe, ou par tout
autre pouvoir privé de contrôle. »
Franklin
D. Roosevelt (1882-1945) 32 ème président US.
«
… Un empire c'est le despotisme et un empereur c'est un despote,
lié par aucune loi ou limitation si ce n'est sa seule volonté ;
c'est l'extension de la tyrannie au de la de la monarchie absolue. Car, bien
que la volonté du monarche fasse loi, ses édits doivent
être enregistrés par les parlements. Même cette
formalité n'est pas nécessaire dans un empire. » John Adams (1735-1826)
2ème président américain.
«
Je suis le commandant en chef, voyez, je n'ai pas besoin d'expliquer, je n'ai
pas besoin d‘expliquer pourquoi je dit des choses. C'est la partie
intéressante de la fonction de président. Peut être
quelqu'un a-t-il besoin de m'expliquer le pourquoi de ce qu'il dit, mais je ne
me sens pas devoir une explication à quiconque. »
George
W. Bush cité par Bob Woodwards dans son livre « Bush at War.
»
Peut être est ce pour partie une
conséquence des attaques terroristes du 11 septembre 2001, et la
perception d'une menace extérieure croissante des fanatiques islamistes,
mais c'est indéniable que l'impérialisme à
l'étranger et le fascisme à l'intérieur sont en hausse au
XXIème en Amérique. C'est étonnant, parce que, en
même temps que le communisme totalitaire, cela a été
précisément les deux maladies politiques les plus
désastreuses au XXème siècle, contre lesquels les
Etats-Unis et d'autres démocraties ont combattu. Cela a conduit à
deux guerres mondiales et fait du XXème siècle le siècle
le plus meurtrier dans l'histoire de l'humanité – un tel
développement est important pour les Etats-Unis, mais cela a aussi une
importance cruciale pour toutes les autres démocraties parce que si les
Etats-Unis, qui a l'une des meilleurs constitutions démocratiques dans
le monde, tombent dans une forme de totalitarisme de circonstance, que sera le
sort de la démocratie ailleurs ?
Avant que nous
continuions, définissons quelques termes. En fait c'est quoi l'impérialisme
? C'est quoi le fascisme ? C'est quoi le totalitarisme ? Et c'est quoi la
démocratie ?
Premièrement,
l'impérialisme c'est l'utilisation de la force dans les relations
internationales en dehors du cadre du droit international, et les
nécessités de l'auto défense, avec l'objectif de prendre
le contrôle de pays étrangers, leurs populations et leurs
ressources, et avec l'intention express de changer leurs cultures et leurs
systèmes de gouvernement.
Le meilleur livre
sur l'impérialisme c'est « Imperialism : A Study » de J.A Hobson (1902)
Deuxièmement,
le fascisme est un régime politique qui se caractérise par un
haut degré de concentration de pouvoir dans l'état, dans un parti
politique ou une personne, accompagné par une forme de nationalisme messianique
belliqueux, par l'usurpation de prérogatives législatives et
judicaire par la branche exécutive du gouvernement, par la suppression
des libertés individuelles au sein de la nation, par l'idolâtrie
de symboles nationaux tels les drapeaux, et par l'augmentation du militarisme
et la poursuite de l'expansion militaire à l'étranger, souvent
pour se venger de ce qui est perçu comme une humiliation.
- L'un des
meilleurs livres sur le fascisme c'est celui de Robert O. Paxton «L'Anatomie du Fascisme» (2004)
Troisièmement,
le totalitarisme est un concept étendu concernant l'exercice du pouvoir
par un parti ou une personne à l'intérieur d'un pays par la
force, tout en étant incontrôlé ni par les lois ni par les règles.
Peut être le
meilleur livre sur le totalitarisme c'est celui d'Hannah Arendt «The Origins of Totalitarianism» (1958).
Finalement, la
démocratie est une forme de gouvernement ou les
préférences des citoyens sont à la base des politiques
publiques adoptées et où le peuple élit un gouvernement du
peuple par le peuple, et pour le peuple. Son fondement c'est la règle de
droit, la décentralisation et séparation des pouvoirs, et la
protection des libertés fondamentales et des droits individuels. C'est
l'antithèse de l'impérialisme, du fascisme et de tous les types
de totalitarismes.
- Une analyse
classique de la démocratie à l'américaine est faite dans
le livre d'Alexis de Tocqueville «Democracy in America» (1835).
Maintenant
regardons quelques faits et évènements qui se sont passés
récemment aux Etats-Unis. Quand on les place ensemble pour faire un
tout, ils forment un cadre politique et légal puissant qui pourrait
permettre au président George Bush ou à tout autre politicien de
diriger les Etats-Unis par décret plutôt que par la volonté
du peuple.
Premièrement,
il y a la doctrine impérialiste néo con de septembre 2002
adoptée par l'Administration Bush-Cheney qui a été
utilisée pour lancer l'invasion militaire illégale de l'Irak en
mars 2003. Cela a été fait selon la « Doctrine Bush »
impérialiste de guerres préventives (1) –
d'unilatéralisme international, et de la suprématie militaire
américaine assurée dans le monde – selon cette doctrine de
politique étrangère américaine démesurée,
les Etats Unis peuvent envahir tout pays, spécialement au Moyen Orient,
pour imposer un gouvernement local démocratique ami des Etats-Unis et de
leurs alliés. Le pays occupé deviendrait alors un modèle
pour les autres pays qui adopteraient le même type de régime
politique et les mêmes politiques – Nous connaissons tous ce qu'a
donné cette nouvelle doctrine impérialiste en Irak et ce qu'en
ont été les conséquences désastreuses.
La «Doctrine
Bush» de 2002 en affirmant le droit des US d'envahir d'autres nations
pour de vagues raisons d'engeenering social, pour construire la nation, ou pour
changer le régime en place, représente une répudiation des
Principes de Nuremberg et de l'interdiction par la Charte des Nations Unies de
mener des guerres d'agression, ces Principes et cette Charte ayant été
fortement soutenus par les dirigeants américains il y a 60 ans. La
Charte de Nuremberg stipule par exemple que «d'initier une guerre
d'agression… est non seulement un crime international, c'est le crime
suprême international. » Pour ce qui est de la Charte de l'ONU, son
préambule stipule qu'elle a été établie pour : «pour
sauver les générations successives de la calamité de la
guerre.»
Deuxièmement,
d'une façon qui rappelle quelque peu le régime d'Adolf Hitler
suspendant le droit d'habeas corpus en Allemagne le 28 février 1933, le
régime de Bush-Cheney a aussi suspendu l'habeas corpus aux Etats-Unis.
Effectivement, le 17 octobre 2006, le président George W. Bush a fait du
«Military Commissions Act» une loi S.3930, qui annule le droit
d'habeas corpus pour les étrangers accusés de terrorisme et pour
à la fois les américains et les étrangers qui ont
été désignés comme des «combattants
ennemis» par la branche exécutive. Selon cette loi, tout individu,
citoyen ou non citoyen, peut être privé de la protection d'une
procédure légale, selon la volonté de la branche
exécutive, et être emprisonné indéfiniment sans
aucun recours légal. – les Etats-Unis sont probablement le seul
pays au monde ou le droit d'habeas corpus a été suspendu et qui
malgré cela est toujours appelé un pays «démocratique».
Troisièmement,
le « Defense Authorisation Act » de 2006 ( HR.1815) passé au
Congrés le 30 septembre 2006, et promulgué comme loi par le
président George W. Bush le 17 octobre 2006, donne pouvoir au président
d'imposer la loi martiale dans le cas d'un «incident terroriste»,
si lui ou d'autres responsables officiels perçoivent un manque
«d'ordre public». Le recours à la loi martiale pourrait
avoir lieu, par exemple, comme réponse à des attaques terroristes,
mais ce n'est pas exclu qu'elle pourrait être imposée si des
manifestations anti guerres se transformaient en désordre ou
après une perturbation politique majeure. Depuis que le courant de
l'administration Bush-Cheney a pu déclarer une guerre à
l'étranger sur un prétexte et s'en est tirer à bon compte,
qu'est ce qui peut les empêcher d'imposer la loi martiale dans le pays
aussi sur un prétexte ?
Quatrièmement,
considérons que lorsque le Congres a passé « l'Insurrection
Act » en 1807, le but était de restreindre
sévèrement la capacité du président de
déployer l'armée à l'intérieur des Etats-Unis. Le
« Posse Comitatus Act » de 1878, a resserré ces
restrictions, imposant 2 ans d'emprisonnement pour quiconque utilisera
l'armée à l'intérieur des Etats-Unis sans la permission
express du Congres. Effectivement, sa section 1383 (utilisation de
l'armée et de l'armée de l'air comme posse comitatus) a plus tard
été amendée, et stipule que «quiconque, à
l'exception de cas et sous des circonstances expressément
autorisées par la Constitution ou un Acte du Congres, utilise sciemment
une partie de l'armée ou de l'armée de l'air comme posse
comitatus ou en outre pour faire appliquer les lois sera puni d'une amende
selon ce qui est statué ici ou emprisonné pour deux ans au plus
ou les deux.»
Ces protections sont
toutes enlevées maintenant. – Effectivement, l'adoption du
«John Warner National Defense Authorization Act» pour
l'année fiscale 2007 (H.R. 5122) a changé le nom d'une provision
clé dans le livre du Statut de « l'insurrection Act »
à « Enforcement of the Laws to Restore Public Order Act. » -
Tandis que « l'Insurrection Act » des US de 1807 déclarait
que le président pourrait déployer des troupes à
l'interieur des Etats-Unis seulement «pour supprimer, dans un
état, toute insurrection, violence domestique, association
illégale ou conspiration», la nouvelle loi autorise le président non
seulement à déclarer la loi martiale et gouverner par
décret mais elle lui donne aussi le pouvoir de prendre en charge les
troupes de la Garde Nationale sans l'autorisation des gouverneurs des
états. La loi étend aussi la liste des cas permis pour
décréter la loi martiale incluant «catastrophe
naturelle, épidémie, ou tout autre urgence de santé
publique, attaque terroriste ou tout autre incident, ou d'autres
conditions.» - et de
telles « conditions » ne sont pas définies ni
limitées dans leur amplitude. Toutes les restrictions contre
l'utilisation de l'armée dans le pays ont été
enlevées en faveur de nouveaux pouvoirs donnés au
président pour faire pratiquement selon sa volonté.
Cinquièmement,
la« Sécurité Nationale » et la « Directive
Présidentielle de Sécurité Nationale »,
signée par le président George W. Bush le 4 mai 2007, un
évènement qui n'a généralement pas
été couvert par les medias dominants ou discuté par le
Congres US, va encore plus loin et déclare qu'en cas d'
»évènement catastrophique » le président peut
devenir ce qu'on peut le mieux décrire comme un de facto dictateur : «Le
président dirigera les activités du gouvernement
fédéral pour assurer la gouvernance constitutionnelle.»
Sixièmement,
le 15 mars 2004, le programme de l'Agence de Sécurité Nationale
d'écoutes et d'espionnage domestique, sans supervision juridique
adéquate, a été autorisé par la Maison Blanche de
Bush-Cheney, sans l'approbation du Département de la Justice, et sans
tenir compte des objections du procureur général de
l'époque John Ashcroft. C'était un programme illégal
d'espionnage domestique parce qu'il viole le « Foreign Intelligence
Surveillance Act » de 1978, qui établissait un panel de juges pour
entendre les demandes d'écoutes secrètes. Quand un gouvernement
commence à violer la loi, il n'y a aucun moyen de savoir à
l'avance ou cela conduira et jusqu'où cela ira. C'est un domaine ouvert.
Septièmement,
il y a la pratique de soumettre des détenus à la torture et
à d'autres traitements dégradants malgré l'obligation
claire de ne pas le faire selon la loi internationale et la loi US. C'est
parfaitement étonnant que la Cour suprême ait du rappeler à
la Maison Blanche de Bush-Cheney en juin 2006, qu'ils devaient respecter les
Conventions de Genève.- Il semble qu'ils ne pouvaient pas y penser d'eux
– mêmes.
Et enfin,
huitièmement, le 17 juillet 2007, George W. Bush a émis un
décret présidentiel, dit de l'Exécutif, lequel annulle
d'un seul trait le droit à la dissidence et le droit de s'opposer aux
projets militaires du Pentagon en Irak. Ce decret baptisé "Le gel
des propriétés de certaines personnes qui représentent une
menace aux efforts de stablisation en Irak" donne au président étatsunien le pouvoir de
confisquer les propriétés de « certaines
personne » qui s'opposent activement à la guerre
américaine en Irak :
« J'ai
émis un décret de l'Exécutif afin de bloquer les
propriétés de personnes qui ont commis ou se préparent
à commettre un ou des actes violents dont l'objectif ou le
résultat seraient de constituer une menace à la paix ou à
la stabilité de l'Irak ou de son gouvernement, ou de miner les efforts
entrepris pour la reconstruction économique de l'Irak et pour la mise en
oeuvre de réformes politiques en Irak ou de nuire aux efforts pour
distribuer de l'aide humanitaire au peuple Iraquien. »
Ce sont donc
là huit développements inquiétants parmi les plus
sérieux, certains ont eu lieu sans pratiquement qu'on les remarque
à l'intérieur des Etats-Unis, mais qui feraient se retourner les
pères de la Constitution US dans leurs tombes s'ils pouvaient voir ce
qui a été fait à leur travail.
Techniquement, il
existe encore une certaine liberté personnelle et liberté en
général aux US pour le commun des mortels, mais cela pourrait
bien changer d'un moment à l'autre. Ces six dernières
années, l'administration Bush-Cheney a sans nul doute orienté les
USA vers l'impérialisme et lefascisme.
Ceci n'est pas
pour nier que nous vivons une époque dangereuse, mais les
Américains devraient prier qu'un évènement catastrophique
majeur n'arrive pas sous le régime de George W. Bush, car tout
l'appareil nécessaire a été mis en place pour suspendre
les libertés et imposer un régime de type fasciste au peuple
américain quand le prétexte se présentera. Cela donne
à réfléchir.
Note:
(1)– la guerre de Bush du 20 mars
2003 en Irak était une guerre préventive, non pas une guerre de
préemption puisqu'il n'y avait pas de menace imminente militaire venant d'Irak.
Cependant, l'administration Bush, dans sa soi disant « Doctrine Bush
» du 19 septembre 2002 affirmait qu'ils étaient prêts
à «agir préemptivement », « pour
prévenir de tels actes hostiles de la part de nos adversaires.» Aussi, quand ils ont
soulevé le problème du « champignon nuageux » ils ont
justifié (à tort je le reconnais) leur guerre à venir
comme une guerre de préemption, et non comme une guerre
préventive. Donc, dans son vocabulaire politique initial, le
régime Bush-Cheney a affirmé que la guerre d'Irak était
une guerre de préemption, même si légalement ce n'en
était pas une.
Traduction
Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org.
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Rodrigue Tremblay 9
juillet 2007
Article original en
anglais.
Rodrigue Tremblay
vit à Montréal on peut le joindre à l'email
suivant : rodrigue.tremblay@yahoo.com
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Site Web de l'auteur: www.thenewamericanempire.com/
Traduction Mireille
Delamarre pour www.planetenonviolence.org
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